Selon une enquête des Chirurgiens-Dentistes de France, 36 % des praticiennes libérales ont déjà reporté, voire abandonné, leur projet d’enfant pour ne pas compromettre leur carrière. Une réalité malheureuse, qui révèle les lourdes contraintes pesant encore sur les femmes exerçant en libéral.
Un congé maternité encore difficilement compatible avec l’exercice libéral
L’enquête menée par les CDF met en lumière les freins persistants rencontrés par les femmes chirurgiens-dentistes libérales à l’arrivée d’un enfant. Si le congé maternité est un droit, il est souvent écourté dans la profession, faute de soutien financier suffisant et de remplacement effectif.
En pratique, 66 % des praticiennes interrogées déclarent avoir eu des difficultés à trouver un remplaçant. Cette problématique est encore plus marquée pour les collaboratrices libérales, dont 31 % ne sont pas remplacées durant leur congé. Même lorsqu’un remplacement est trouvé, les charges fixes du cabinet restent en grande partie à la charge de la titulaire, compromettant la viabilité économique de l’interruption d’activité.
Des conséquences sur les choix de vie et de carrière
La maternité est perçue comme un frein professionnel majeur : 75 % des répondantes estiment que le fait de vouloir un enfant interfère avec leur projet de carrière. Plus préoccupant encore, plus d’un tiers d’entre elles ont reporté ou renoncé à leur projet de maternité afin de ne pas compromettre leur installation ou leur avenir libéral.
En parallèle, l’organisation masculine du travail semble mieux absorber l’arrivée d’un enfant : le congé paternité, bien que plus court et encore peu fréquent, est mieux intégré dans les parcours professionnels des hommes, selon les réponses recueillies.
Une demande claire de mesures concrètes
Les femmes interrogées expriment un besoin fort de meilleur accompagnement pendant le congé maternité, de reconnaissance financière du coût réel de l’interruption d’activité et d’un dispositif de compensation des charges professionnelles adapté aux réalités du libéral.
Pour les CDF, il est urgent d’agir. L’organisation syndicale demande une habilitation législative pour négocier une indemnité maternité dans le cadre conventionnel. Elle appelle à la mise en place de mesures structurelles afin de garantir à la fois l’égalité professionnelle, la continuité de l’activité des cabinets et l’accès aux soins pour les patients, particulièrement dans les territoires sous-dotés.
« La maternité ne doit pas être un frein à l’épanouissement professionnel des praticiennes », affirment les CDF dans leur communiqué. « Elle ne peut continuer à compromettre l’installation libérale, clé de voûte de notre maillage territorial. »
Voir les résultats de l’étude : LES CDF – Enquête sur le congé maternité-paternité des chirurgiens-dentistes libéraux










