Réunis à Genève lors de la sixième Conférence des parties (COP-6) de la Convention de Minamata, plus d’une centaine de pays ont décidé de mettre fin à l’utilisation du mercure dans les amalgames dentaires d’ici 2034.
Un accord international pour supprimer les amalgames dentaires au mercure
Selon les déclarations officielles de la COP-6, les États signataires de la Convention de Minamata se sont accordés pour « mettre fin à l’utilisation des amalgames dentaires d’ici 2034 ». La décision a été adoptée à l’issue d’une conférence organisée à Genève, visant à réduire les dommages causés par ce métal toxique.
Il s’agit d’un compromis international, trouvé après des discussions entre plusieurs blocs de pays :
- Certains États africains souhaitaient une interdiction dès 2030, incluant la production, l’importation et l’exportation.
- L’Iran, l’Inde et le Royaume-Uni estimaient cette échéance trop avancée pour être appliquée.
Le consensus s’est finalement fixé sur 2034, qualifié de « nouveau chapitre de l’histoire du mercure » par Monika Stankiewicz, secrétaire exécutive de la Convention.
Un matériau utilisé depuis plus de 175 ans
Les amalgames dentaires sont utilisés depuis près de deux siècles comme matériau de restauration pour traiter les caries.
Selon les données officielles du ministère de la Santé, ils sont composés :
- d’environ 50 % de poudre d’alliage métallique (argent, étain, cuivre),
- et de 50 % de mercure.
Le ministère rappelle que ces restaurations libèrent de faibles quantités de mercure, dont une petite partie est absorbée par l’organisme, mais précise que les doses mesurées sont « infimes ».
Le mercure : une substance classée préoccupante par l’OMS
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) classe le mercure parmi les dix produits chimiques les plus préoccupants pour la santé publique. Il est qualifié de « toxique pour la santé humaine », même à faibles doses.
Les risques identifiés dans les articles fournis incluent :
- des effets délétères sur le système nerveux,
- des atteintes potentielles aux reins, poumons et au système immunitaire,
- une vulnérabilité accrue du fœtus et du jeune enfant, en particulier face au méthylmercure, la forme la plus toxique.
Ces risques ont conduit certains responsables politiques à critiquer le maintien de ces matériaux. Le ministre américain de la Santé, Robert Kennedy Jr., a notamment déclaré :
« Il est inexcusable que les gouvernements autorisent encore les composés à base de mercure dans les soins de santé alors qu’il existe des alternatives sûres. »
L’Europe avait déjà engagé son interdiction en 2025
L’Union européenne applique depuis janvier 2025 une interdiction quasi totale des amalgames au mercure. Elle permet toutefois une dérogation de 18 mois dans certains États membres.
La seule exception reconnue concerne les cas où un amalgame serait « strictement nécessaire » selon l’évaluation clinique du dentiste.
La Convention de Minamata : un traité international contre la pollution au mercure
Adoptée en 2013 et ratifiée par plus de 120 pays, la Convention de Minamata vise à protéger les populations et l’environnement contre les effets du mercure et de ses composés.
La COP-6 a adopté 21 mesures supplémentaires, incluant :
- l’élimination programmée des amalgames dentaires au mercure,
- la poursuite des efforts pour interdire les cosmétiques éclaircissants au mercure, dont l’usage reste observé malgré leur interdiction formelle.
Monika Stankiewicz a rappelé que ce type de produits continue de circuler, « en particulier en ligne », tandis que leur dangerosité est documentée.










