Bannières offres ADF 2026

Radiologie dentaire : un tiers des examens d’imagerie, 0,3 % de la dose

samedi 24 octobre 2026 S'équiper
© Shutterstock

Près de 24 millions de clichés dentaires ont été réalisés en France en 2022, soit un acte d’imagerie diagnostique sur trois. Selon l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), leur contribution à l’exposition de la population reste marginale. Le rapport pointe toutefois la progression rapide du CBCT et rappelle l’exigence de justification.

Un volume considérable, une dose minime

Tous les cinq ans, l’ASNR mesure l’exposition des Français aux rayonnements ionisants liée à l’imagerie médicale. Sa dernière étude, baptisée ExPRI, porte sur l’année 2022 et repose sur un échantillon représentatif d’environ 2 % des bénéficiaires de l’Assurance maladie.

Le constat est net pour la profession. Sur environ 74 millions d’actes diagnostiques réalisés en 2022, la radiologie dentaire en totalise 23,6 millions. Elle arrive ainsi en deuxième position derrière la radiologie conventionnelle. En dose, elle passe au dernier rang : 0,3 % de la dose efficace collective, soit en moyenne 5 microsieverts par habitant et par an. À l’opposé, le scanner concentre près de 76 % de la dose pour moins de 16 % des actes.

L’ASNR explique cet écart par la nature même des clichés dentaires : une exposition très localisée sur une zone comportant peu d’organes radiosensibles.

Intrabuccal et extrabuccal : des profils opposés

Le rapport distingue deux familles d’examens. Les radiographies intrabuccales (rétro-alvéolaires, rétro-coronaires, occlusales) représentent environ deux tiers des actes dentaires. Les examens extrabuccaux, panoramique, CBCT et téléradiographie, forment le tiers restant mais pèsent pour environ deux tiers de la dose liée au dentaire.

La fréquence des actes culmine entre 10 et 14 ans, pour les deux familles d’examens. Les radiographies intrabuccales augmentent ensuite progressivement à l’âge adulte jusqu’à 55-59 ans. Les femmes y ont recours plus souvent que les hommes à presque tous les âges, avec une dose moyenne liée au dentaire supérieure de 15 à 20 %.

Le poids du dentaire apparaît aussi dans la proportion de Français exposés. En 2022, 42,6 % de la population a passé au moins un examen d’imagerie. Hors radiologie dentaire, ce taux tombe à 28,9 %. Chez les 5-19 ans, il est même divisé par deux.

Le CBCT gagne du terrain

L’ASNR a consacré une analyse spécifique au cone beam, compte tenu de son essor. Entre 2017 et 2022, la fréquence des actes CBCT est passée de 7,8 à 12,2 pour 1 000 bénéficiaires, soit une hausse de 56 %. Le panoramique progresse lui aussi, de 11 %, pour atteindre environ 109 actes pour 1 000 bénéficiaires. Le scanner de la face recule de 16 %.

Chez les 11-15 ans, la tendance est plus marquée encore. Les CBCT augmentent de 65 % et les scanners de la face diminuent de moitié. Pour l’ASNR, ce transfert vers un examen moins irradiant constitue une évolution positive du point de vue de la radioprotection. Le rapport appelle néanmoins à la vigilance, les indications du CBCT restant récentes, en particulier chez l’enfant.

Les chiffres invitent à la prudence. Dans cette tranche d’âge, le CBCT ne représente que 6 % des examens extrabuccaux et scanners de la face, mais 20 % de la dose correspondante. Le panoramique, à l’inverse, concentre 93 % des actes pour 59 % de la dose.

Justifier chaque cliché

La fréquence des panoramiques chez les 11-15 ans atteint 139 actes pour 1 000 enfants, contre 109 dans la population générale. L’ASNR y voit un effet probable des traitements orthodontiques. Le rapport rappelle à ce titre la position exprimée en avril 2021 par l’Autorité de sûreté nucléaire et la Commission radioprotection dentaire : le panoramique doit répondre à des signes cliniques précis et ne se justifie ni à intervalles réguliers ni de façon systématique.

L’Autorité souligne aussi une limite de l’indicateur. La dose efficace, conçue pour estimer un risque global, peut masquer une exposition locale relativement élevée, notamment au niveau des glandes salivaires.

Une exposition dominée par le radon

Ces données alimentent le bilan global publié par l’ASNR le 28 septembre 2026 pour la période 2020-2024. L’exposition moyenne de la population en métropole y est estimée à 7,1 mSv par an. Le radon en constitue 55 %, devant l’imagerie médicale diagnostique (23 %). La hausse par rapport au bilan précédent, qui retenait 4,5 mSv par an, tient principalement à la révision de la dose attribuée au radon.

Le rapport de l’ASNR conforte une réalité connue des praticiens : la radiologie dentaire est fréquente mais très peu irradiante à l’échelle de la population. Il souligne aussi deux points d’attention, la diffusion du CBCT et la fréquence des panoramiques chez l’adolescent. La justification de chaque examen et l’optimisation des réglages restent la règle. Le rapport complet est disponible sur le site de l’ASNR.

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

Dernières revues produits

Comparateur de produits

Aucun produit dans le comparateur.