Les chirurgiens-dentistes figurent parmi les professions médicales les plus exposées aux contaminations aériennes. Les raisons sont structurelles : travail à 20 à 40 centimètres de la cavité buccale, rotation de 15 à 25 patients par jour et production répétée d’aérosols puissants lors des actes courants (détartrage aux ultrasons, fraisage, soufflette air/eau).
La cavité buccale contient environ 100 millions de bactéries par milligramme de plaque dentaire et jusqu’à 750 millions par millilitre de salive. Une partie de ces micro-organismes se retrouve en suspension dans l’air du cabinet dès que des instruments génèrent des aérosols. À cela s’ajoutent les composés organiques volatils (COV) issus des produits et matériaux utilisés quotidiennement : résines, adhésifs, désinfectants.
Malgré ce contexte, les données réelles sur la qualité de l’air en cabinet libéral restent rares. Les normes existent (renouvellement d’air recommandé entre 6 et 20 volumes par heure selon les référentiels, filtration HEPA H13 ou H14, surveillance du CO₂ avec alerte à 1 000 ppm) mais leur application et leur efficacité réelle n’ont jamais été mesurées à grande échelle dans les conditions concrètes de l’exercice libéral.
L’inter-URPS Auvergne-Rhône-Alpes, qui regroupe dix unions régionales représentant l’ensemble des professions de santé libérales, lance une étude pour combler ce manque. L’objectif affiché : « mieux comprendre la qualité de l’air dans les lieux de soins, afin de proposer à terme des actions d’information, de sensibilisation et des recommandations pratiques adaptées à votre exercice. »
Le protocole est volontairement simple. Les praticiens volontaires reçoivent un capteur à installer dans leur cabinet pendant une semaine. L’appareil mesure automatiquement la qualité de l’air, sans intervention technique de leur part. Il est ensuite renvoyé pour analyse centralisée.
Les chirurgiens-dentistes et les podologues sont identifiés comme des cibles prioritaires, en raison de l’utilisation de produits et d’instruments susceptibles d’affecter particulièrement la composition de l’air intérieur.
Deux étapes pour les praticiens intéressés :
Le 7 septembre 2026 : un webinaire d’information présente le protocole, les objectifs et les modalités pratiques. Il s’adresse à tous les professionnels de santé libéraux de la région Auvergne-Rhône-Alpes souhaitant en savoir plus avant de s’engager. Inscription via le site de l’URPS Chirurgiens-Dentistes ARA.
La semaine du 12 octobre 2026 : déploiement des capteurs chez les volontaires inscrits.
L’inscription se fait via le flyer disponible sur le site de l’URPS Chirurgiens-Dentistes Auvergne-Rhône-Alpes, qui contient un QR code d’accès au formulaire.