La gestion des déchets en cabinet dentaire reste un sujet complexe au quotidien. Pour aider les praticiens à s’y retrouver, l’URPS Chirurgiens-Dentistes d’Île-de-France met à disposition un tableau de consignes de tri, conçu pour simplifier les gestes et limiter les erreurs. Au-delà de l’outil, cette initiative rappelle que le tri des déchets relève d’un enjeu à la fois réglementaire, organisationnel et sanitaire.

Un outil pratique pour structurer le tri au fauteuil

Le tableau diffusé par l’URPS Île-de-France a été conçu pour répondre à une difficulté concrète : la multiplicité des déchets produits au cabinet.

Il permet notamment :

L’objectif est double : gagner du temps au fauteuil et sécuriser les pratiques.

Pensé comme un support visuel, cet outil a vocation à être affiché en salle de soins ou en zone de stérilisation afin de servir de référence commune à toute l’équipe.

Source : cabinetecoresponsable.fr
Source : cabinetecoresponsable.fr

Une réglementation stricte, parfois mal maîtrisée

En France, les chirurgiens-dentistes sont responsables de la gestion des déchets qu’ils produisent, de leur tri à leur élimination. Cette obligation est encadrée par le Code de la santé publique.

Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) constituent la catégorie la plus sensible. Ils incluent notamment :

Selon le Code de la santé publique, relèvent des DASRI les déchets susceptibles de présenter un risque infectieux, ainsi que les objets piquants, coupants ou tranchants, même en l’absence de contact avec un produit biologique.
Les recommandations du Haut Conseil de la santé publique précisent que certains déchets, notamment fortement imprégnés de sang ou de liquides biologiques, peuvent être considérés comme à risque.
👉 En pratique, la classification repose sur une évaluation du risque infectieux, et non sur la seule présence visible de sang ou de salive.

DASRI, recyclables, DAOM : des frontières à clarifier

Le tri repose sur une distinction entre plusieurs catégories de déchets :

Dans la pratique, ces catégories peuvent prêter à confusion, notamment pour les déchets intermédiaires.

C’est précisément ce que vise à corriger le tableau URPS, en apportant une lecture simple et opérationnelle des consignes de tri.

Délais de stockage et traçabilité : des obligations à respecter

La gestion des DASRI ne s’arrête pas au tri. Elle implique également :

Depuis l’arrêté du 20 avril 2020, les délais de stockage ont évolué :
👉 pour certaines productions de DASRI perforants inférieures à 15 kg par mois, la durée maximale de stockage peut être portée à 6 mois, dans les conditions prévues par la réglementation.

Ces obligations restent un point de vigilance lors des contrôles.

Amalgames dentaires : un cadre réglementaire renforcé

Les déchets contenant du mercure font l’objet d’une réglementation spécifique.

En France :

À l’échelle européenne, le cadre a été renforcé :

Une évolution récente doit également être prise en compte :
👉 le règlement (UE) 2024/1849 prévoit l’interdiction des amalgames dentaires à partir du 1er janvier 2025, sauf indication médicale spécifique.

Harmoniser les pratiques : un enjeu d’équipe

L’un des apports majeurs du tableau de tri proposé par l’URPS réside dans sa capacité à uniformiser les pratiques au sein du cabinet.

Dans les structures où plusieurs praticiens et assistantes interviennent, les erreurs de tri peuvent rapidement se multiplier.

Un support visuel partagé permet :

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