Le 26 novembre 2025, une matinée de rencontres a réuni à Paris chirurgiens-dentistes libéraux, élus des unions régionales, universitaires, experts de l’hygiène et acteurs de la santé environnementale. L’objectif : dresser un état des lieux des pratiques en cabinet et identifier les freins concrets à une transition écologique du secteur.
Les échanges ont abouti à un constat partagé : la prise en compte des enjeux environnementaux ne peut reposer sur des initiatives isolées de praticiens motivés. Elle suppose une évolution des recommandations professionnelles, un accompagnement adapté aux contraintes des soins primaires et une coordination entre les différentes parties prenantes du secteur (institutions, organismes de prévention, fabricants et professionnels de terrain).
Un point soulevé lors de ces travaux mérite attention : les écarts observés entre cabinets ne vont pas tous dans le même sens. Certains praticiens appliquent des protocoles plus stricts que nécessaire, générant des impacts environnementaux qui pourraient être évités sans compromettre la sécurité des soins. D’autres, à l’inverse, ne respectent pas pleinement les recommandations en vigueur.
Ce double constat plaide pour des référentiels qui articulent risque infectieux, risque chimique et impact environnemental, plutôt que des approches cloisonnées. C’est cette logique qui a présidé à la conception des outils mis à disposition des cabinets.
Deux outils structurent la démarche. Le site cabinetecoresponsable.fr fonctionne comme une plateforme évolutive, où les praticiens peuvent progressivement s’approprier une approche intégrée associant qualité des soins, sécurité et réduction de l’impact environnemental, calculateur d’empreinte carbone du cabinet inclus.
Le second outil, élaboré avec le CPIAS Île-de-France, est un guide pratique intitulé « Déchets au cabinet dentaire : moins et mieux ». Il propose des repères opérationnels pour la gestion quotidienne des déchets, sans bouleverser l’organisation du cabinet ni transiger sur les exigences sanitaires.
Six mois après le lancement, l’Assurance Maladie a formalisé son soutien à la démarche, fin mai 2026. Ce soutien se traduit concrètement par la présence du logo de l’institution sur le site cabinetecoresponsable.fr. Claire Traon, directrice de mission Transition écologique et santé environnementale à l’Assurance Maladie, avait déjà souligné lors de la matinée interURPS l’importance d’accompagner les soins primaires vers une approche conciliant qualité, prévention et responsabilité environnementale.
Cette reconnaissance institutionnelle donne du poids à une démarche jusque-là portée principalement par les organisations professionnelles régionales. Elle ouvre aussi la voie à un déploiement plus large auprès des cabinets libéraux, au-delà des quatre régions à l’origine du projet.
Les URPS présentent leur initiative comme un espace ouvert, et non comme un dispositif figé. Elles appellent les chirurgiens-dentistes, mais aussi les institutions et les acteurs de la qualité et de la prévention, à participer à la construction d’une feuille de route partagée. L’enjeu affiché : faire évoluer les pratiques sur la base de données actualisées plutôt que de positions de principe.
Pour aller plus loin : consultez le site dédié cabinetecoresponsable.fr pour accéder au guide pratique et au calculateur d’empreinte carbone.