Les avis Google, censés aider les patients à choisir leur praticien, sont de plus en plus remis en question. Leur fiabilité est incertaine, leur modération quasi inexistante et les professionnels qui en font les frais n’ont aucun droit de réponse. C’est ce que dénonce aujourd’hui le Conseil national, qui a officiellement sollicité le ministère de la Santé pour demander l’intervention de l’État auprès de Google.
Les chirurgiens-dentistes, comme les autres professionnels de santé, sont confrontés à un problème majeur : ils sont liés par le secret médical et ne peuvent donc répondre publiquement aux critiques ou accusations figurant dans les avis Google.
En l’absence de modération efficace et de vérification de l’identité des auteurs, n’importe quel internaute peut publier un avis sur une fiche professionnelle, sans preuve, ni contradiction possible. Une situation inéquitable, qui s’apparente à une véritable tribune à charge.
« Les avis peuvent stigmatiser individuellement tel ou tel praticien, sans qu’aucune possibilité de droit de réponse n’existe et sans que Google n’accepte de les retirer », alertent le Dr Geneviève Wagner et la juriste Élisabeth Vicent-Davaut.
Depuis avril 2025, Google a accepté de supprimer automatiquement tous les avis publiés sur les fiches Google des établissements d’enseignement général, à la demande du ministère de l’Éducation nationale. Cette mesure vise à « protéger l’institution et les personnels contre des avis qui pouvaient servir de tribune sans possibilité de contradictoire ou de réponse ».
Une décision qui pourrait désormais s’appliquer au secteur de la santé. Lors de sa session de juin 2025, le Conseil national de l’Ordre a obtenu l’avis favorable de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) sur ce dossier. Le sujet est désormais entre les mains du ministère de la Santé.
Face à une exposition numérique souvent subie et à l’impossibilité légale de répliquer, de nombreux praticiens appellent à une protection équitable. Le Conseil national rappelle également que les contenus publiés, comme l’identité de leurs auteurs, restent invérifiables, rendant impossible tout recours en diffamation ou rectification.
La balle est donc désormais dans le camp de l’administration, qui devra arbitrer entre liberté d’expression en ligne et protection de la réputation professionnelle dans un contexte juridique sensible.