En France, les maladies chroniques touchent près de 20% de la population et ne cessent de croître en raison du vieillissement de la population. Environ 10 millions de personnes relèvent du régime des Affections Longue Durée (ALD).
Concernant le diabète, son lien avec les maladies parodontales a été établi par de nombreuses études épidémiologiques. Le diabète aggrave la sévérité des maladies parodontales qui se positionnent comme la 6ème complication de la maladie. Or, une étude D’Entred en 2007 démontre que seulement 32,6% des personnes diabétiques interrogées (principalement de type 2) déclaraient avoir connaissance des liens entre diabète et santé bucco-dentaire.
Avec le vieillissement de la population et les habitude de vie sédentaire, le diabète est une pathologie qui va être rencontrée de plus en plus souvent en cabinet dentaire. Et pourtant, seulement 36 % des diabétiques se rendent à une consultation dentaire annuelle… quand ils devraient tous avoir un suivi semestriel!
Le chirurgien-dentiste a donc un rôle important à jouer dans l’information et la prise en charge de ces patients. D’autant que le diagnostic d’une parodontie peut également permettre le dépistage d’un diabète non connu.
Les maladies cardio-vasculaires sont, quant à elles, la première cause de mortalité dans le monde. Elles tuent plus de 17 millions de personnes par an. Dans une interview donnée à Pratiques Dentaires en septembre dernier, le Dr Jean-Louis Bussière, cardiologue, explique que « la bouche est la porte d’entrée du microbiote et tout ce qu’on ingère va interférer avec lui : notre alimentation, nos médicaments et notre hygiène bucco-dentaire. Les réactions immunoallergiques qui s’y forment favorisent directement ou indirectement les maladies métaboliques et cardio-vasculaires. Une infection latente peut fragiliser les parois lisses de l’aorte abdominale et d’autres structures cardio-vasculaires. Dans certains cas, cela peut même créer un anévrisme d’autant plus grave que le patient est hypertendu. On a pu démontrer que les parois de l’aorte de patients ayant une dilatation de l’aorte abdominale (anévrisme) contenaient des germes buccaux. »
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La bonne connaissance de ces maladies chroniques et de leurs traitements permet une meilleure prise en charge en cabinet dentaire. La première étape consiste à interroger le patient de manière poussée et à échanger avec les autres professionnels de santé qui le suivent : médecin traitant, cardiologue, endocrinologue…
Les dernières recommandations de prise en charge doivent être également connues, notamment pour l’. Elle a en effet beaucoup évolué ces derniers temps. Le journal Pratiques Dentaires rappelle que « seuls les patients à haut risque d’endocardite infectieuse doivent bénéficier d’une antibioprophylaxie pour tout acte dentaire impliquant une manipulation de la gencive ou de la région péri-apicale de la dent ou en cas d’effraction de la muqueuse orale (excepté l’anesthésie locale ou locorégionale). »
L’éducation thérapeutique des patients est le dernier pilier de la prise en charge. Il est important de leur enseigner les techniques d’hygiène adaptées.
L’ensemble des constats partagés par tous les intervenants du colloque de l’UFSBD milite pour l’urgence de renforcer la place du bucco-dentaire dans toutes les approches visant à réduire ou à encadrer les maladies chroniques au travers de six grandes convictions :
Au-delà de ces 6 grandes convictions, le Docteur Sophie Dartevelle, présidente de l’UFSBD a rappelé que « Personne ne peut dire qu’il est en bonne santé s’il n’est pas en bonne santé bucco-dentaire » et a réaffirmé sa volonté de rassembler tous les professionnels de santé autour du patient atteint de maladie chronique, qui, plus que tout autre, mérite une attention proactive et inscrite dans la durée.
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