Dans un entretien accordé à Medscape, Romain Bégué, sous-directeur à la DGOS, confirme ce que beaucoup redoutaient sans en connaître les modalités : l’Agence nationale du DPC (ANDPC) va disparaître, dans le cadre d’une transformation pilotée par le ministère de la Santé avec l’appui de la DITP (Direction interministérielle de la transformation publique).
Aucune date de fermeture n’a été arrêtée, mais la direction de l’Agence vit sa dernière phase : en 2026, l’ANDPC poursuivra la gestion du dispositif, tandis que les contours de son successeur seront définis. Le ministère s’engage à accompagner les agents de l’ANDPC dans leur reclassement.
La décision de transformer l’Agence s’appuie sur un rapport de l’IGAS et sur des demandes récurrentes des représentants des professionnels de santé. Malgré la qualité du travail accompli par les équipes de l’ANDPC, les résultats sont jugés insuffisants, notamment en matière de participation et d’articulation avec la certification périodique.
La gouvernance du DPC devrait donc évoluer, mais aucun scénario n’est tranché pour le moment. L’idée que la HAS pourrait reprendre la gestion administrative et France Compétences la partie financière est évoquée, mais reste à l’état de piste.
Le changement majeur confirmé par le ministère concerne l’obligation triennale de DPC. Celle-ci va disparaître pour les professions relevant d’un Ordre professionnel, comme les chirurgiens-dentistes. Mais cela ne signifie pas la fin du DPC : ce dernier reste une composante de l’obligation de certification périodique, devenue effective en avril 2024.
Pour les professions non ordrées, le DPC restera obligatoire dans sa forme actuelle.
Le fonctionnement du DPC reste inchangé pour l’année 2026. Les inscriptions ont rouvert le 10 décembre, et les professionnels peuvent donc programmer leur parcours de formation.
Le budget global pour 2026 est fixé à 215,87 millions d’euros, identique à celui de 2025. Cependant, des ajustements d’indemnisation ont été décidés, en raison de la saturation budgétaire survenue dès l’été 2025 :
Le ministère justifie ces mesures par la nécessité de mieux répartir les crédits pour permettre à un plus grand nombre de professionnels de bénéficier du DPC, tout en respectant les plafonds votés par le Parlement.
La certification périodique, dont l’obligation est effective depuis avril 2024, reste en construction dans ses modalités de contrôle. Un dernier décret, en cours de publication, doit en définir le fonctionnement pratique.
Ce sont les Ordres professionnels qui auront la charge de vérifier le respect de l’obligation pour chaque praticien. En cas de manquement, des sanctions disciplinaires graduées pourront être prononcées, allant jusqu’à une interdiction d’exercice en dernier recours.
Un système d’information centralisé est également attendu, permettant à terme de mesurer l’engagement de chaque professionnel dans son parcours de certification. Pour l’instant, aucune donnée consolidée n’est disponible sur le taux de participation à cette nouvelle obligation.