En 2023, près de 350 incidents violents ont été rapportés par des chirurgiens-dentistes, un chiffre probablement en deçà de la réalité compte tenu de la sous-déclaration habituelle de ces événements. Le climat de violence est tel que le gouvernement a récemment accéléré l’examen d’une proposition de loi visant à renforcer la sécurité de ces professionnels.
Au cœur de la controverse se trouve un spot publicitaire des Furets, diffusé à la fois à la télévision et en ligne, où l’on voit un patient mécontent saccager le cabinet d’un chirurgien-dentiste après une discussion sur les remboursements de mutuelle. L’Ordre argue que ce type de représentation, bien que prétendument humoristique, encourage implicitement de telles réactions extrêmes dans la réalité.
Dès janvier 2022, l’Ordre avait exprimé son inquiétude, alerté par plusieurs praticiens. Suite à l’inaction des Furets et aux réponses insatisfaisantes de l’Autorité de la régulation professionnelle de la publicité (ARPP) et du Jury de déontologie publicitaire (JDP), l’Ordre a décidé de prendre des mesures légales plus sévères.
Avec cette plainte déposée, l’Ordre cherche à obtenir une interdiction formelle de diffusion de ce spot, sous le fondement juridique de la « provocation directe à la commission de destructions dangereuses pour les personnes ». Cela marque une étape cruciale dans leur lutte pour la dignité et la sécurité des praticiens dentaires.
En parallèle à cette bataille judiciaire, le législateur a montré une volonté de protéger davantage les professionnels de santé. La proposition de loi discutée actuellement vise à apporter des réponses concrètes et rapides face à l’escalade de la violence, reflétant les préoccupations exprimées lors des auditions préliminaires au Parlement, où des représentants de l’Ordre ont activement participé.
Source : ONCD La Lettre 213