Une campagne publicitaire du Crédit Agricole suscite la réaction du Conseil national de l’Ordre des chirurgiens-dentistes. En cause : un message jugé trompeur et dénigrant pour la profession, qui a conduit l’Ordre à engager une procédure judiciaire.

Une campagne publicitaire à l’origine de la polémique

Diffusé à la télévision aux heures de grande audience, un spot du Crédit Agricole a récemment attiré l’attention du Conseil national de l’Ordre.

Le message mis en avant « une dent ne devrait pas vous coûter un bras », est au cœur de la controverse. Selon l’Ordre, cette formulation suggère que les soins dentaires, notamment prothétiques, seraient excessivement coûteux, sans mentionner les dispositifs existants permettant leur prise en charge.

Face à cette situation, le Conseil national indique avoir demandé le retrait de cette publicité. Ces demandes étant restées sans réponse, une procédure judiciaire a été engagée.

Une communication jugée trompeuse par l’Ordre

Dans sa prise de position, l’Ordre considère que cette publicité est susceptible d’induire en erreur les patients, en particulier les plus modestes.

En effet, elle ne mentionne pas le dispositif « 100 % santé », qui permet un accès à certaines solutions prothétiques sans reste à charge pour les patients. Cette omission pourrait laisser penser que les soins dentaires sont systématiquement inaccessibles financièrement.

L’Ordre estime ainsi que cette communication porte atteinte à l’image de la profession et à la perception de l’accès aux soins dentaires.

Une atteinte à l’image de la profession ?

Au-delà de la question du message, le Conseil national dénonce également un sous-entendu plus global.

Selon lui, la publicité pourrait laisser croire que les chirurgiens-dentistes privilégieraient des considérations financières au détriment de la santé des patients. Une interprétation qui, selon l’Ordre, contribue à fragiliser la relation de confiance entre praticiens et patients.

Ce type de communication s’inscrit, toujours selon l’Ordre, dans une tendance plus large de discours critiques à l’égard de la profession, parfois qualifiée de « dentiste-bashing ».

Un précédent dans le secteur des complémentaires santé

Le Conseil national souligne qu’un cas similaire s’est déjà présenté récemment.

À l’automne 2025, une autre complémentaire santé avait diffusé une campagne publicitaire reposant sur des ressorts comparables. À la suite des mises en garde de l’Ordre, cette publicité avait été retirée des différents supports de diffusion.

Ce précédent illustre la vigilance accrue de l’Ordre sur les messages susceptibles d’impacter l’image de la profession.

Un enjeu : préserver la confiance des patients

Au-delà de la procédure en cours, cette affaire soulève des questions plus larges sur la communication autour des soins dentaires.

L’équilibre entre information du public, enjeux économiques et perception des professionnels de santé reste délicat. Dans ce contexte, les messages diffusés auprès du grand public peuvent avoir un impact direct sur la confiance accordée aux praticiens.

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