Le marché français dispose en effet d’un important potentiel de croissance. La pénétration des implants dans la population est de fait bien moindre que dans d’autres pays européens, à commencer par l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne. Pour stimuler les ventes, les industriels(comme Straumann par exemple) mettront sur le marché des solutions implantaires innovantes (nouveaux modèles d’implants et logiciels de chirurgie guidée par exemple). La structuration et le renforcement des programmes de formation des chirurgiens-dentistes seront également des voies privilégiées.
Après deux années exceptionnelles, liées à la montée en charge du 100% Santé, l’activité des prothésistes va elle marquer le pas (-0,4% par an d’ici 2025 pour le panel Xerfi). Face au léger recul de leur chiffre d’affaires, l’adoption de la CFAO (conception et fabrication assistée par ordinateur) et l’intégration de systèmes d’imagerie numérique 3D (à la place des moulages) constitueront les principaux relais de croissance des laboratoires de prothèse dentaire (Corus Dental entre autres) qui chercheront à préserver leurs marges. La mutualisation des coûts (entre autres via des rapprochements) pour faciliter le financement et l’amortissement des investissements nécessaires à la modernisation des ateliers et la formation des équipes seront aussi d’actualité.
La filière des soins dentaires regroupe les praticiens (chirurgiens-dentistes et prothésistes dentaires), les fabricants d’équipements (prothèses, implants, instruments de dentisterie…) et les organismes de financement (assurance maladie et complémentaires santé). Dans l’ensemble, ce marché est très encadré par les pouvoirs publics et les autorités de santé. La France se distingue en effet par son modèle de financement des soins dentaires relativement unique au monde. Il existe en effet peu d’équivalents qui s’appuient autant sur les régimes publics et privés et où le reste à charge des ménages est inférieur à 15%. Les tarifs des actes d’implantologie sont librement fixés par les praticiens alors que les actes prothétiques sont pris en charge par l’assurance maladie avec un plafond pour les soins les plus coûteux.
En clair, le 100% Santé n’a pas résolu les difficultés d’accès aux soins d’implantologie. La réforme a néanmoins eu un impact positif indirect grâce au possible report des « économies » réalisées sur les soins prothétiques vers les soins implantaires.
Au total, plus de cinq millions de patients ont déjà eu recours à un acte prothétique en 2021 contre près de 4,8 millions deux ans plus tôt, selon la Cour des comptes. Le nombre d’actes prothétiques par patient est passé de 2,3 à 3 entre 2018 et 2021, d’après le Système national des données de santé (SNDS).
Premiers contributeurs au financement des soins dentaires, les organismes complémentaires d’assurance maladie (OCAM) sont davantage mobilisés depuis la mise en place du 100% Santé. Ils ont ainsi versé plus de six milliards d’euros aux assurés, représentant plus de 44% du financement total des soins dentaires en 2021 (40,5% pour les dépenses prises en charge par l’assurance maladie).
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