Dans le quotidien d’un cabinet dentaire, l’attention se porte naturellement sur la qualité du diagnostic, la maîtrise des protocoles cliniques ou la précision des gestes techniques.
Mais combien d’incidents trouvent leur origine ailleurs ?
Une transmission imprécise avec l’assistant.e, une interruption pendant une procédure, une mauvaise anticipation d’une complication, un défaut de coordination dans une situation d’urgence, une fatigue sous-estimée en fin de journée… autant de situations où la technique n’est pas directement en cause, mais où la sécurité du patient peut néanmoins être fragilisée.
C’est précisément ce que rappelle la HAS dans son nouveau référentiel sur les facteurs humains appliqués à la santé.
La HAS définit les compétences non techniques comme les ressources cognitives, sociales et personnelles qui complètent les compétences techniques et contribuent à la sécurité et à la performance dans la tâche.
Concrètement, cela recouvre plusieurs dimensions.
Elles concernent notamment :
Autrement dit, la capacité à analyser rapidement une situation, hiérarchiser les priorités et anticiper les évolutions possibles.
On y retrouve :
Des compétences particulièrement pertinentes au cabinet dentaire, où la fluidité des échanges entre praticien, assistant.e, secrétariat et parfois correspondants conditionne directement la qualité de la prise en charge.
Le référentiel intègre également :
Un sujet loin d’être anecdotique dans des journées souvent denses, avec forte charge cognitive et répétition de gestes exigeants.
Le constat est clair : dans les organisations de santé complexes, les défaillances ne relèvent pas uniquement d’un défaut technique.
La HAS rappelle que les évènements indésirables associés aux soins trouvent fréquemment leur origine dans :
L’objectif n’est pas de « corriger l’humain », mais d’adapter les pratiques aux réalités du fonctionnement humain.
Une approche inspirée de secteurs à haut risque comme l’aéronautique, le nucléaire ou le transport, où la sécurité repose depuis longtemps sur l’intégration des facteurs humains.
Même si le document n’est pas spécifiquement conçu pour la dentisterie, son application au cabinet paraît évidente.
Quelques exemples :
Le référentiel rappelle aussi un point essentiel : les compétences techniques et non techniques ne s’opposent pas, elles se complètent.
Un praticien techniquement excellent mais travaillant dans un environnement mal coordonné reste exposé au risque.
Au-delà des principes, la HAS propose un outil opérationnel avec 13 fiches pédagogiques couvrant notamment :
Le référentiel recommande des méthodes actives :
Des approches qui pourraient utilement inspirer certaines formations continues en odontologie.
La sécurité des soins ne se limite pas aux blocs opératoires hospitaliers.
Les cabinets dentaires aussi sont confrontés :
Ce référentiel a le mérite de rappeler que la qualité des soins repose autant sur les comportements collectifs que sur les compétences cliniques.
Pour les chirurgiens-dentistes, c’est une invitation à regarder autrement le fonctionnement quotidien du cabinet.
👉 Télécharger : Référentiel de compétences en facteurs humains au service de la qualité et la sécurité des soins (compétences non techniques)