La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 rebat les cartes du cumul emploi-retraite (CER). Entre nouvelles règles, plafonds et évolution des droits, les chirurgiens-dentistes doivent anticiper ces changements pour sécuriser leur activité et optimiser leur retraite.
Comprendre le cumul emploi-retraite chez les chirurgiens-dentistes
Le cumul emploi-retraite (CER) permet à un chirurgien-dentiste retraité de poursuivre ou reprendre une activité professionnelle tout en percevant sa pension. Ce dispositif, largement utilisé dans la profession, répond à plusieurs enjeux : maintien de l’activité, transmission progressive, ou encore complément de revenus.
Dans les faits, 9 praticiens sur 10 optent pour le cumul intégral, preuve de son attractivité. Mais cette situation évolue avec la réforme 2026.
Cumul intégral : un modèle attractif… mais bientôt restreint
Le cumul emploi-retraite intégral permet aujourd’hui :
- de percevoir sa pension sans limitation de revenus,
- de continuer à cotiser à la CARCDSF,
- et surtout d’acquérir de nouveaux droits à la retraite, qui augmentent la pension future.
Conditions actuelles
Pour en bénéficier, le praticien doit :
- avoir atteint l’âge du taux plein (67 ans), ou
- avoir validé tous ses trimestres (entre 170 et 172 selon les générations),
- et avoir liquidé l’ensemble de ses régimes de retraite.
Ce qui change en 2027
À partir du 1er janvier 2027, la règle se durcit :
👉 le cumul intégral ne sera accessible qu’à partir de 67 ans, même pour les carrières complètes.
Une évolution majeure, qui pourrait inciter certains praticiens à revoir leur stratégie de fin de carrière.
Cumul partiel : un encadrement renforcé
Le cumul emploi-retraite partiel concerne les praticiens ne remplissant pas les conditions du taux plein.
Fonctionnement actuel
- La pension est versée, mais les revenus sont plafonnés.
- Les cotisations versées n’ouvrent pas de nouveaux droits.
- En cas de dépassement du plafond, la pension est réduite.
En 2026, ce plafond correspond au plafond de la sécurité sociale, soit 48 060 € de revenus annuels.
À partir de 2027 : un plafond plus strict et des pénalités
La réforme introduit un changement notable :
- Le cumul partiel sera limité à 7 000 € de revenus annuels entre l’âge légal de départ et 67 ans.
- En cas de dépassement, la pension sera réduite de 50 % du montant excédentaire.
Exemple concret
Un praticien percevant :
- 20 000 € de pension
- 40 000 € de revenus
👉 Dépassement : 33 000 €
👉 Réduction de pension : 16 500 €
👉 Pension finale : 3 500 €
Un mécanisme dissuasif, qui pourrait freiner la poursuite d’activité sous ce régime.
Un calendrier à anticiper dès maintenant
Deux dates clés sont à retenir :
- Jusqu’au 1er octobre 2026 : application des règles actuelles
- À partir du 1er janvier 2027 : entrée en vigueur des nouvelles conditions
Les praticiens proches de la retraite ont donc tout intérêt à anticiper leur départ pour bénéficier des conditions les plus favorables.
👉 Les démarches passent notamment par le portail officiel
https://www.info-retraite.fr
(source : Assurance retraite)
Quels impacts pour les cabinets dentaires ?
Cette réforme pourrait avoir plusieurs conséquences :
- Réduction du nombre de praticiens en cumul actif, notamment en cumul partiel
- Accélération des cessations d’activité anticipées
- Besoin accru d’anticipation dans les transmissions de cabinets
Dans un contexte de tension démographique, ces évolutions pourraient peser sur l’organisation des soins, notamment dans certaines zones sous-dotées.










