Une récente étude expérimentale japonaise menée sur des souris âgées met en évidence un lien direct entre perte dentaire et déclin cognitif, indépendamment de l’alimentation. Ces résultats renforcent la nécessité de préserver la dentition pour maintenir les fonctions cérébrales au cours du vieillissement.
Une étude pour mieux comprendre les effets neurologiques de l’édentement
Les effets de la perte dentaire sur la santé générale ne sont plus à démontrer, notamment dans les domaines cardiovasculaire ou métabolique. Mais depuis quelques années, les liens entre santé bucco-dentaire et santé cérébrale suscitent un intérêt croissant. Une nouvelle étude, publiée en 2024, s’est penchée sur l’impact combiné de la perte de dents et d’une alimentation pauvre en protéines sur les fonctions cognitives de souris vieillissantes.
Réalisée sur des souris SAMP8, un modèle de vieillissement accéléré, l’étude a permis de distinguer l’effet propre de l’édentement de celui de l’alimentation sur la cognition.
La perte de dents affecte directement le cerveau
Les résultats sont sans appel : les souris ayant subi une extraction bilatérale des molaires ont montré une altération significative de leurs fonctions cognitives, mesurée par un test comportemental (Barnes maze). Cet effet s’est accompagné de signes biologiques de neuroinflammation et d’apoptose neuronale dans l’hippocampe, une région clé pour la mémoire.
Plus précisément, l’analyse a mis en évidence :
- Une augmentation du ratio Bax/Bcl-2, indicateur de mort cellulaire.
- Une activation des cellules gliales (GFAP, Iba-1), témoignant d’une inflammation.
- Une diminution de la densité neuronale (NeuN) dans les zones CA1 et gyrus denté.
Ces modifications structurales et moléculaires suggèrent que la stimulation masticatoire joue un rôle neuroprotecteur, probablement en favorisant l’activité neuronale et la perfusion cérébrale.
Le rôle de l’alimentation : un impact secondaire
L’autre volet de l’étude consistait à tester l’influence d’un régime pauvre en protéines, souvent associé à un risque accru de déclin cognitif. Or, dans cette expérience, le faible apport protéique n’a pas aggravé l’effet de la perte de dents sur la cognition.
Certes, une légère diminution de certains marqueurs neuronaux a été observée dans une zone cérébrale (CA3), mais sans interaction significative avec la perte dentaire. Cette distinction suggère que les mécanismes en jeu sont différents et que la perte dentaire exerce un impact direct sur le cerveau, indépendamment des facteurs nutritionnels.
Le rôle de l’alimentation : un impact secondaire
L’autre volet de l’étude consistait à tester l’influence d’un régime pauvre en protéines, souvent associé à un risque accru de déclin cognitif. Or, dans cette expérience, le faible apport protéique n’a pas aggravé l’effet de la perte de dents sur la cognition.
Certes, une légère diminution de certains marqueurs neuronaux a été observée dans une zone cérébrale (CA3), mais sans interaction significative avec la perte dentaire. Cette distinction suggère que les mécanismes en jeu sont différents et que la perte dentaire exerce un impact direct sur le cerveau, indépendamment des facteurs nutritionnels.
Source de l’étude :









