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Le 12 juin 2025, la Cour de cassation se prononcera sur l’affaire Lionel Guedj, un ancien chirurgien-dentiste marseillais condamné à huit ans de prison pour avoir mutilé près de 400 patients. Retour sur une affaire qui a profondément ébranlé la profession et interrogé sur les dérives possibles du système de soins.

Un cabinet dentaire devenu « machine à cash »

Entre 2006 et 2012, Lionel Guedj, jeune dentiste installé dans les quartiers nord de Marseille, a transformé son cabinet en véritable entreprise de rentabilité maximale. Jusqu’à 70 patients par jour, avec une pratique dénoncée comme systématiquement abusive : extractions, dévitalisations, couronnes inutiles… souvent sur des dents saines.

L’objectif ? Maximiser les actes remboursés par l’Assurance Maladie, sans réelle prise en charge des besoins réels des patients. L’accusation a décrit une « usine à mutiler », où la logique économique a pris le pas sur toute éthique médicale. Son père, Jean-Claude Guedj, dentiste en fin de carrière, a facilité ce système en mettant ses moyens techniques et administratifs à disposition.

374 vies bouleversées, des séquelles irréversibles

Sur les 374 victimes reconnues, les témoignages sont unanimes : douleurs chroniques, mâchoires abîmées, implants mal posés, sourires détruits et traumatismes psychologiques profonds. Beaucoup étaient jeunes, vulnérables, peu informés sur leurs droits. Une patiente témoigne :

« Il m’a proposé des couronnes à 18 ans pour faire plus joli. Il m’a détruite. »

D’autres ont confié ne plus oser sourire, éviter les relations sociales, ou vivre dans la honte. La promesse d’un « sourire de star » s’est transformée en calvaire dentaire et humain.

Un enjeu judiciaire majeur

Condamné en appel en octobre 2023, Lionel Guedj a vu sa peine fixée à huit ans d’emprisonnement, son père à cinq ans. Ils ont formé un pourvoi en cassation, examiné début mai. Le parquet général s’est déjà prononcé en faveur du rejet des pourvois, à l’exception d’un point de procédure soulevé par le Fonds de garantie des victimes (FGTI), sans conséquence sur la sanction pénale.

Point crucial : la non-prescription des faits. La haute juridiction a considéré que les patients et la justice ne pouvaient pas suspecter les actes pratiqués, ce qui constitue un obstacle de fait assimilable à la force majeure.

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