L’air intérieur d’un cabinet dentaire est généralement plus pollué que l’air extérieur. Une réalité documentée, mais encore peu mesurée en conditions réelles d’exercice. L’inter-URPS Auvergne-Rhône-Alpes lance une étude pour y remédier et recrute des chirurgiens-dentistes volontaires jusqu’au déploiement prévu en octobre 2026.
Un risque professionnel encore sous-évalué
Les chirurgiens-dentistes figurent parmi les professions médicales les plus exposées aux contaminations aériennes. Les raisons sont structurelles : travail à 20 à 40 centimètres de la cavité buccale, rotation de 15 à 25 patients par jour et production répétée d’aérosols puissants lors des actes courants (détartrage aux ultrasons, fraisage, soufflette air/eau).
La cavité buccale contient environ 100 millions de bactéries par milligramme de plaque dentaire et jusqu’à 750 millions par millilitre de salive. Une partie de ces micro-organismes se retrouve en suspension dans l’air du cabinet dès que des instruments génèrent des aérosols. À cela s’ajoutent les composés organiques volatils (COV) issus des produits et matériaux utilisés quotidiennement : résines, adhésifs, désinfectants.
Malgré ce contexte, les données réelles sur la qualité de l’air en cabinet libéral restent rares. Les normes existent (renouvellement d’air recommandé entre 6 et 20 volumes par heure selon les référentiels, filtration HEPA H13 ou H14, surveillance du CO₂ avec alerte à 1 000 ppm) mais leur application et leur efficacité réelle n’ont jamais été mesurées à grande échelle dans les conditions concrètes de l’exercice libéral.
L’inter-URPS propose une étude
L’inter-URPS Auvergne-Rhône-Alpes, qui regroupe dix unions régionales représentant l’ensemble des professions de santé libérales, lance une étude pour combler ce manque. L’objectif affiché : « mieux comprendre la qualité de l’air dans les lieux de soins, afin de proposer à terme des actions d’information, de sensibilisation et des recommandations pratiques adaptées à votre exercice. »
Le protocole est volontairement simple. Les praticiens volontaires reçoivent un capteur à installer dans leur cabinet pendant une semaine. L’appareil mesure automatiquement la qualité de l’air, sans intervention technique de leur part. Il est ensuite renvoyé pour analyse centralisée.
Les chirurgiens-dentistes et les podologues sont identifiés comme des cibles prioritaires, en raison de l’utilisation de produits et d’instruments susceptibles d’affecter particulièrement la composition de l’air intérieur.
Comment participer ?
Deux étapes pour les praticiens intéressés :
Le 7 septembre 2026 : un webinaire d’information présente le protocole, les objectifs et les modalités pratiques. Il s’adresse à tous les professionnels de santé libéraux de la région Auvergne-Rhône-Alpes souhaitant en savoir plus avant de s’engager. Inscription via le site de l’URPS Chirurgiens-Dentistes ARA.
La semaine du 12 octobre 2026 : déploiement des capteurs chez les volontaires inscrits.
L’inscription se fait via le flyer disponible sur le site de l’URPS Chirurgiens-Dentistes Auvergne-Rhône-Alpes, qui contient un QR code d’accès au formulaire.










