Belgique : le dentiste de Wilrijk jugé pour des agressions sexuelles maquillées en soins

Le procès de Carl S., dentiste et parodontologue belge de 73 ans, s’est ouvert ce mercredi devant le tribunal correctionnel d’Anvers. Il lui est reproché d’avoir agressé sexuellement des dizaines de patientes pendant près de trois décennies, sous couvert d’un acte de soin inventé de toutes pièces.
Un acte de soin qui n’existe pas
Le mode opératoire décrit par les enquêteurs est resté constant sur toute la période visée. Sous prétexte d’un excès de mucus pouvant nuire aux gencives, le dentiste aurait pratiqué ce qu’il présentait comme une « désinfection de la gorge », une procédure qui n’a aucune réalité clinique en dentisterie. Selon les témoignages recueillis par la police, l’acte consistait à introduire les doigts ou une spatule profondément dans la gorge des patientes, parfois jusqu’à provoquer des haut-le-cœur, pendant que le praticien effectuait des gestes suspects avec son autre main. Un témoignage évoque un dentiste qui aurait demandé à une patiente d’aller « encore plus profond » alors qu’elle était prise de nausée.
Des soupçons anciens dans le milieu
Plusieurs témoins font état de rumeurs qui circulaient dès les années 1990 parmi des confrères, sans qu’aucun signalement formel n’ait été fait à l’époque. Ce point est significatif pour la profession : il illustre la difficulté, documentée dans d’autres affaires similaires, à faire remonter un doute informel jusqu’à une procédure disciplinaire ou judiciaire, tant que la victime elle-même n’a pas porté plainte.
Des images saisies lors des perquisitions
L’enquête a basculé lorsque les policiers ont perquisitionné le cabinet, équipé d’un système de caméras que le praticien justifiait par un usage à des fins d’étude. Des images jugées compromettantes par les enquêteurs auraient été retrouvées, montrant des gestes à caractère sexuel commis en marge de l’acte médical. Des clichés ont par ailleurs été découverts sur son ordinateur, à l’origine du chef d’accusation pour possession d’images d’abus sexuels sur mineurs, que le prévenu conteste, alors qu’il aurait reconnu une partie substantielle des autres faits qui lui sont reprochés.
Ce que l’audience doit établir
Le tribunal devra se prononcer sur l’ensemble de ces témoignages, dont certains portent sur des faits vieux de plus de vingt ans. La défense devrait mettre en avant la prise de conscience du prévenu, qui aurait entamé une thérapie après sa remise en liberté.
Source : HLN – « Tandarts Carl S. (73) staat terecht voor jarenlang keelfetisjisme »


