Des chercheurs de l’Université du Pays Basque ont démontré que les cellules souches issues de la pulpe dentaire humaine peuvent être transformées en neurones excitables. Une avancée majeure pour la médecine régénérative et le traitement des maladies neurodégénératives.
Une source inattendue : la pulpe dentaire humaine
La pulpe dentaire, longtemps perçue comme un simple tissu conjonctif interne, recèle un potentiel insoupçonné. Des chercheurs de l’Université du Pays Basque (UPV/EHU) ont prouvé qu’elle contient des cellules souches capables d’évoluer en cellules neuronales excitables, une avancée inédite publiée dans la revue Stem Cell Research & Therapy.
Ces cellules, obtenues sans modification génétique, ont été différenciées à l’aide de facteurs biologiques et de stimuli spécifiques. Résultat : des cellules capables de produire des impulsions électriques semblables à celles générées par de véritables neurones. Une première mondiale dans le domaine de la neuro-ingénierie cellulaire.
Une avancée majeure pour les thérapies cellulaires
Le cerveau humain, à la différence d’autres organes, possède une capacité de régénération limitée. La perte de neurones, qu’elle soit due à des maladies neurodégénératives ou à un traumatisme, est irréversible. L’objectif de la recherche actuelle est donc de trouver des moyens viables pour remplacer ces neurones perdus.
Les cellules issues de la pulpe dentaire se démarquent ici par leur capacité à produire le neurotransmetteur GABA, un médiateur inhibiteur essentiel dans la régulation de l’activité neuronale. Cela signifie qu’elles peuvent potentiellement s’intégrer dans des circuits cérébraux pour compenser une activité excessive, comme c’est le cas dans l’épilepsie.
Vers des transplantations neuronales autologues ?
Le caractère autologue des cellules dentaires représente un avantage considérable. En théorie, un patient pourrait recevoir une greffe de ses propres cellules, réduisant ainsi le risque de rejet immunitaire. Les chercheurs envisagent déjà des essais sur des modèles animaux pour tester leur capacité d’intégration dans un réseau cérébral fonctionnel.
Si les résultats sont encourageants, ces cellules pourraient constituer une alternative crédible aux cellules souches embryonnaires, souvent controversées, et mieux maîtrisées que les cellules pluripotentes induites (iPSC), dont le potentiel tumoral reste un sujet de préoccupation.
Un champ d’application encore vaste
Les implications cliniques sont immenses : épilepsie, maladie de Huntington, lésions cérébrales post-AVC… autant de pathologies pour lesquelles la reconstruction du tissu neuronal est aujourd’hui un défi. L’utilisation de cellules dentaires ouvre des perspectives de régénération fonctionnelle, au-delà de la simple neuroprotection actuellement pratiquée.
Pour les praticiens en chirurgie dentaire, cette découverte met également en lumière l’importance du recueil et de la conservation des cellules pulpaires, notamment via la cryoconservation. Un domaine en pleine croissance, qui pourrait bien redéfinir le rôle du chirurgien-dentiste dans la médecine régénérative de demain.









