L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a lancé le 8 juillet une campagne de communication pour faire connaître la e-notice, la version numérique de la notice des médicaments accessible par QR code ou sur le site e-notice.fr. Une expérimentation qui concerne près de 590 médicaments, dont plusieurs classes couramment prescrites en cabinet dentaire.
Un accès numérique enrichi, en complément du papier
Un QR code apposé sur certaines boîtes de médicaments renvoie vers une fiche numérique hébergée sur la Base de données publique des médicaments (BDPM). Le patient ou le professionnel de santé y retrouve le contenu classique de la notice, mais aussi un onglet « bon usage » avec des vidéos pédagogiques, des conseils de sécurité, les mesures additionnelles de réduction du risque ou le résumé des caractéristiques du produit. Ces vidéos existent déjà pour le paracétamol, les inhibiteurs de la pompe à protons et les statines, trois classes fréquentes en prescription courante.
La notice papier reste présente dans les boîtes vendues en pharmacie de ville : la e-notice s’ajoute au dispositif existant, elle ne s’y substitue pas. L’ANSM le précise elle-même dans son dossier de questions-réponses, en rappelant que l’outil numérique ne remplace pas non plus l’information délivrée par le professionnel de santé lors de la consultation.
Pour donner de la visibilité au dispositif, l’agence s’est associée au média Dr.Good! : le médecin Michel Cymès y présente le fonctionnement de la e-notice dans des formats pensés pour Instagram, TikTok et Facebook, selon Le Moniteur des Pharmacies. Cette campagne intervient environ six mois après le démarrage effectif de la phase pilote.
Pourquoi cette expérimentation intéresse aussi les prescripteurs dentaires
L’argument central avancé par l’ANSM porte sur la réactivité de l’information. Une notice papier, une fois imprimée, ne peut être corrigée qu’au prochain lot de fabrication, ce qui peut prendre plusieurs mois en cas de mise à jour réglementaire ou de nouvelle donnée de sécurité. La version numérique, elle, est actualisée dès que l’information évolue.
Pour un chirurgien-dentiste, cette question touche directement certaines prescriptions courantes. Le paracétamol et les inhibiteurs de la pompe à protons, deux classes associées aux prescriptions post-opératoires ou aux protocoles de gestion de la douleur, figurent parmi les 170 spécialités de ville incluses dans le pilote. Si l’expérimentation se confirme, l’accès facilité à une information actualisée pourrait, à terme, appuyer l’échange avec le patient au moment de la prescription, notamment sur les précautions d’emploi.
L’hôpital n’est pas en reste : 420 médicaments hospitaliers participent également au dispositif, dont des antibiotiques, des antiviraux et des produits dérivés du sang, catégories qui concernent la prise en charge de patients à risque infectieux ou immunodéprimés adressés en milieu hospitalier.
Une expérimentation encadrée, dans la lignée d’une stratégie européenne
L’ANSM a associé à ce projet les représentants des patients, les professionnels de santé et les industriels du médicament, réunis dans un comité de suivi. Les indicateurs retenus portent sur la fréquence de consultation de la e-notice, la satisfaction des utilisateurs et l’usage effectif des contenus enrichis. Un premier bilan est attendu à mi-parcours de la phase pilote en 2026, avant des résultats plus complets à l’issue des deux années de test.
L’agence précise elle-même que cette initiative s’inscrit dans la stratégie portée par la Commission européenne dans le cadre de la révision de la législation pharmaceutique, qui soutient le développement d’outils numériques d’information sur les médicaments à l’échelle de l’Union. La question de la dématérialisation de la notice ne se limite donc pas à la France : elle rejoint des débats similaires déjà engagés du côté des dispositifs médicaux, avec les notices électroniques (eIFU) prévues par le règlement européen sur les dispositifs médicaux.
La e-notice ne bouleverse pas encore la pratique quotidienne au cabinet, mais elle marque une étape dans la manière dont l’information médicament sera transmise aux patients et aux professionnels de santé. Les chirurgiens-dentistes prescripteurs, en particulier pour les antalgiques, ont intérêt à suivre l’évolution de cette expérimentation dont les premiers bilans sont attendus courant 2026.
Sources : ANSM









