La presbytie touche aujourd’hui plus de 1,8 milliard de personnes dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé. Dès la quarantaine, lire un SMS, consulter un document ou déchiffrer un prix devient une épreuve quotidienne, souvent résolue par des lunettes que l’on égare sans cesse. Jusqu’à présent, les solutions restaient limitées : lunettes, lentilles ou chirurgie. Mais une innovation pourrait changer la donne : le collyre VIZZ, récemment approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis.
Une goutte pour corriger la vision de près
Le fonctionnement du collyre VIZZ repose sur un mécanisme simple : une seule goutte dans chaque œil permet de retrouver une vision nette de près en une demi-heure, sans altérer la vision de loin. L’effet dure jusqu’à dix heures.
Ce résultat s’appuie sur l’effet dit du « trou d’épinglette » : en réduisant le diamètre de la pupille, on augmente la profondeur de champ, à la manière d’un appareil photo qui passe en mode « focus étendu ».
Un nouveau paradigme en ophtalmologie
Selon le Dr Romain Nicolau, chirurgien ophtalmologiste et fondateur du Groupe Ophtalmologie Paris Est, cette innovation constitue un changement majeur. Comme d’autres avancées médicales de rupture, elle offre une alternative non invasive aux solutions existantes.
Dans un contexte où l’usage des écrans est omniprésent, disposer d’un traitement médicamenteux capable d’apporter confort et autonomie représente un tournant pour de nombreux patients.
Limites et effets secondaires possibles
VIZZ n’est pas une solution miracle. L’effet reste temporaire et ne convient pas à tous les profils de presbytes. Certains patients peuvent ressentir des effets secondaires mineurs, tels que des maux de tête liés à la contraction pupillaire.
Malgré ces limites, le pas franchi reste considérable : transformer un trouble universel en un geste médical ponctuel.
Une disponibilité attendue fin 2025
Le collyre sera disponible aux États-Unis d’ici la fin de l’année 2025, uniquement sur prescription. Son arrivée en Europe suscite déjà interrogations : conditions d’accès, coût, critères de prescription.
Pour la première fois, un traitement pharmacologique offre une alternative crédible aux lunettes de près. À terme, d’autres formulations ou associations médicamenteuses pourraient élargir encore les perspectives.









