EBD : Les CDF pointent les dysfonctionnements du tiers-payant complémentaire

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Dans cet article :
  • Le tiers-payant complémentaire inter-AMC entraîne des rejets, retards et impasses informatiques.

  • Les chirurgiens-dentistes se retrouvent piégés entre leurs obligations déontologiques et l’absence de garantie de paiement.

  • Les CDF appellent à un retour à un payeur unique : l’Assurance maladie obligatoire (AMO).

Depuis six mois, l’expérimentation du tiers-payant complémentaire pour l’Examen Bucco-Dentaire (EBD) tourne au fiasco, selon le syndicat les Chirurgiens-Dentistes de France (CDF). Loin de simplifier l’accès aux soins, le dispositif multiplie les obstacles administratifs et met en péril la politique de prévention bucco-dentaire.

L’EBD : un pilier de la prévention en danger

L’Examen Bucco-Dentaire (EBD) occupe une place centrale dans la politique de prévention bucco-dentaire. Créé pour favoriser un suivi régulier des jeunes de 3 à 24 ans, il permet de détecter précocement caries, malpositions dentaires ou pathologies gingivales et de sensibiliser à une bonne hygiène orale.

Jusqu’ici, la procédure était claire : l’Assurance maladie prenait en charge ces examens dans le cadre d’un tiers-payant simple et fluide. Mais la mise en place du contrat inter-AMC, impliquant les complémentaires santé, a bouleversé cet équilibre.

Un dispositif qui multiplie les dysfonctionnements

Selon les CDF, le tiers-payant complémentaire inter-AMC est marqué par une série de défaillances :

  • impossibilité de vérifier les droits des patients,
  • rejets injustifiés,
  • dossiers égarés,
  • factures non réglées malgré réclamations.

Ces anomalies génèrent une explosion des charges administratives dans les cabinets dentaires et compromettent le paiement des honoraires pourtant garantis par la loi. « Le taux de rejet est loin d’être marginal », insiste le syndicat, qui dénonce l’écart entre les chiffres officiels et la réalité quotidienne vécue par les praticiens.

Une communication trompeuse auprès du grand public

En parallèle, l’Assurance maladie a lancé une campagne vantant un examen « offert » et « gratuit » pour les jeunes. Un discours que les CDF qualifient d’« inconvenant » et « en décalage complet avec la réalité ».

Cette communication entretient une confusion : les patients pensent avoir droit à une gratuité totale, alors que les praticiens subissent les lenteurs et refus de paiement liés au dispositif inter-AMC. Résultat : une pression accrue sur les chirurgiens-dentistes, sommés de répondre aux attentes de patients désinformés tout en supportant un système inopérant.

Les CDF prônent un retour au payeur unique

Face à ces dérives, les CDF proposent une solution simple : revenir au modèle du payeur unique, l’Assurance maladie obligatoire (AMO), comme c’est déjà le cas pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S).

Ils recommandent aux praticiens de sursseoir à l’utilisation du tiers-payant inter-AMC et de maintenir la facturation via l’AMO pour l’EBD et les soins associés. La récupération des sommes dues aux complémentaires devrait incomber à l’Assurance maladie et non aux chirurgiens-dentistes.

Source : EBD : la prévention bucco-dentaire étranglée par le tiers-payant complémentaire (CDF)

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