Se protéger des aérosols au cabinet dentaire : tout se joue sur le débit d’aspiration

Les chirurgiens-dentistes et les assistant(e)s dentaires arrivent en tête des métiers les plus exposés aux risques pour la santé, selon un classement américain de Business Insider. Les aérosols projetés à chaque soin par les turbines, les détartreurs et les aéropolisseurs y sont pour beaucoup. Quelques mesures simples permettent pourtant de les capter à la source : un débit d’aspiration suffisant, la bonne canule bien placée et un circuit entretenu chaque jour.
Pourquoi les équipes dentaires sont-elles si exposées ?
Parce qu’elles travaillent chaque jour à quelques centimètres d’une source d’aérosols potentiellement contaminés : la bouche du patient.
En 2015, Business Insider a classé 974 métiers à partir de la base O*NET du département du Travail des États-Unis, selon six critères de risque pour la santé notés de 0 à 100. Les chirurgiens-dentistes et les assistant(e)s dentaires y occupaient la première place avec un score global de 65,4, devant le personnel navigant commercial et les anesthésistes.
| Rang | Métier | Score global /100 |
| 1 | Chirurgiens-dentistes et assistant(e)s dentaires | 65,4 |
| 2 | Personnel navigant commercial | 62,3 |
| 3 | Anesthésistes et infirmiers anesthésistes | 62,3 |
| 4 | Vétérinaires et assistant(e)s vétérinaires | 60,3 |
| 5 | Podologues | 60,2 |
Source : Business Insider (A. Kiersz), d’après la base O*NET, 2015.
En cabinet dentaire, trois facteurs dominent : l’exposition aux contaminants (84/100), aux maladies et infections (75/100) et le temps passé assis (67/100). Les deux premiers ont une même origine : au fauteuil, une large part du risque infectieux passe par l’air.
Qu’est-ce qu’un aérosol dentaire ?
Un aérosol dentaire est un brouillard d’eau, de salive, de sang et de plaque projeté hors de la bouche du patient pendant les soins. Il est produit par tous les instruments rotatifs ou vibrants : turbines, contre-angles, détartreurs à ultrasons, seringues air-eau et aéropolisseurs.
Les gouttelettes les plus lourdes retombent vite. Les particules les plus fines restent en suspension et peuvent transporter bactéries et virus. Pour le SARS-CoV-2, l’Institut Robert Koch considère l’inhalation de particules chargées en virus comme la principale voie de transmission.
Que montrent les études sur les aérosols au fauteuil ?
Trois études publiées en 2021 montrent que l’aérosol se disperse dans la salle de soins et peut contenir des agents pathogènes.
- Vernon et al. (Journal of Dental Research) : vingt minutes de préparation coronaire à la turbine sur une tête fantôme, dont la salive artificielle contenait un bactériophage traceur, ont dispersé le marqueur dans la salle de soins.
- Akin et al. (International Dental Journal) : après le traitement de douze patients porteurs du SARS-CoV-2 au détartreur puis à la turbine, cinq boîtes de Petri sur soixante se sont révélées positives.
- Holliday et al. (Journal of Dentistry) : l’essentiel de l’aérosol se dépose dans les dix minutes suivant le soin.
L’aérosol est le premier maillon d’une chaîne de contamination : il se dépose sur les instruments, passe sur les mains puis sur les surfaces. Le capter à la source permet de couper cette chaîne dès le départ.
Quel débit d’aspiration faut-il au cabinet dentaire ?
Au moins 300 L/min à la grosse canule, pour chaque poste de travail. Le critère décisif est le débit d’air, pas la puissance du vide.
La recommandation n’a rien de neuf. En 1971 déjà, Davies et al. préconisaient dans le British Dental Journal un débit de 300 L/min pour l’aspiration chirurgicale. Le Dr Martin Koch de Dürr Dental la résume ainsi : « Le débit est la clé, pas le vide. »
Les mesures de Dürr Dental, réalisées avec une canule de 16 mm, montrent un effet de seuil marqué. Sous 170 L/min environ, l’aérosol n’est pas réduit. À 250 L/min, la réduction atteint environ 88 %. Au-delà de 300 L/min, elle approche 100 %. Une étude de Koch et Graetz parue dans PLoS ONE en 2021 confirme l’élimination efficace, au-delà de ce seuil, des particules de 5 à 50 µm produites par la turbine.
Des visualisations laser réalisées avec l’Université technique d’Istanbul rendent l’écart frappant. Avec une pompe à salive à 70 L/min, le nuage reste presque intact. Avec une canule universelle à 300 L/min, il se réduit à une petite zone, même lorsque la canule est mal positionnée.

De gauche à droite : sans aspiration, avec pompe à salive (70 L/min) et avec canule universelle (300 L/min). Mesure : Université technique d’Istanbul, Trisonic Research Laboratory.
Les chiffres clés à retenir
300 L/min
le débit minimal à la grosse canule, pour chaque poste de travail
88 %
la réduction de l’aérosol vers 250 L/min, proche de 100 % au-delà de 300 L/min
99,999 %
la part des micro-organismes retenus par un filtre HEPA H14 sur l’air rejeté
250 NL/min
le débit exigé par le type 1 de la norme ISO 10637, le plus exigeant (170 et 90 NL/min pour les types 2 et 3)
La norme ISO 10637 exprime le débit en litres normalisés par minute (NL/min), c’est-à-dire ramené à des conditions standard de température et de pression.
La technologie du moteur d’aspiration pèse aussi. Un système d’aspiration à anneau liquide produit un vide élevé mais un débit limité, qui chute dès que plusieurs fauteuils aspirent en même temps. Les aspirations à canal latéral de Dürr Dental (gammes V et Tyscor) sont conçues pour le débit : leur courbe reste plate en utilisation simultanée.
Comment bien positionner la canule d’aspiration ?
La grosse canule doit être tenue à environ un centimètre de l’instrument, de préférence par l’assistant(e) en travail à quatre mains. Seule la grosse canule chirurgicale laisse passer 300 L/min : derrière une petite canule, même une aspiration performante perd son intérêt. Pour les soins générateurs d’aérosols, le CDC américain recommande depuis 2020 d’associer travail à quatre mains, aspiration à haut débit et digue.
- Utiliser la grosse canule pour tout soin produisant un spray.
- La tenir à environ 1 cm de l’instrument, ouverture orientée vers lui.
- Travailler à quatre mains : l’assistant(e) se consacre à l’aspiration, avec une technique de maintien adaptée à chaque quadrant.
- Ne pas plaquer la canule contre les tissus, sous peine de bloquer le flux et de faire chuter le débit.

Comment entretenir le circuit d’aspiration ?

En le désinfectant chaque jour et en le débarrassant des dépôts minéraux deux fois par semaine. Une installation bien dimensionnée peut en effet perdre une grande partie de son débit dans ses canalisations. Sang, protéines et salive forment un biofilm. Poudres de prophylaxie et calcaire laissent des dépôts minéraux qui rétrécissent les conduites, à la manière du cholestérol dans une artère. Désinfecter ne suffit donc pas : il faut aussi nettoyer.
| Orotol Plus | MD 555 Cleaner | |
| Rôle | Désinfection, nettoyage, désodorisation et entretien | Nettoyage intensif des dépôts |
| Cible | Bactéries (dont tuberculose), champignons, virus (dont VHB, VHC, VIH), biofilm | Poudres de prophylaxie, sels, carbonates, calcaire |
| Dosage | 2 % : 20 ml pour 1 L d’eau froide | 5 % : 50 ml pour 1 L d’eau |
| Fréquence | 1 à 2 fois par jour (midi et soir) | 2 fois par semaine |
Le protocole quotidien avec Orotol Plus se déroule en cinq étapes :
- Aspirer 2 litres d’eau pour rincer le circuit.
- Préparer la solution dans le système OroCup.
- Raccorder les tuyaux et aspirer la solution : le mélange air-solution agit sur toute la longueur des conduites.
- Laisser agir au moins 1 heure ou toute la nuit.
- Le lendemain, aspirer 2 litres d’eau avant le premier patient.
Quelques règles complètent ce protocole. Les produits moussants ou ménagers sont à proscrire et les filtres jetables du fauteuil se remplacent sans se nettoyer. Un filtre virus-bactéries HEPA H14 sur la sortie d’air évite enfin de rejeter à l’extérieur l’air aspiré dans la bouche du patient.
Questions fréquentes
Une pompe à salive suffit-elle à capter les aérosols ? Non. Avec un débit d’environ 70 L/min, la pompe à salive laisse le nuage d’aérosol presque intact, selon les mesures laser de l’Université technique d’Istanbul. Seule la grosse canule chirurgicale, à 300 L/min, le réduit fortement.
Quelle différence entre le vide et le débit d’une aspiration ? Le vide (ou dépression) mesure la force d’aspiration du moteur. Le débit mesure le volume d’air réellement aspiré à la canule, en litres par minute. Pour capter les aérosols, c’est le débit qui compte.
Comment vérifier le débit de son aspiration ? Votre distributeur peut le mesurer avec un débitmètre placé sur la grosse canule. La mesure doit être faite sur chaque fauteuil, car le débit peut varier d’un poste à l’autre.
Faut-il un filtre sur la sortie d’air de l’aspiration ? C’est fortement recommandé. Un filtre virus-bactéries HEPA H14 retient jusqu’à 99,999 % des micro-organismes présents dans l’air rejeté par le moteur d’aspiration.
Les soins générateurs d’aérosols font partie du quotidien et ne peuvent pas être évités. La protection de l’équipe repose sur trois leviers : un débit d’au moins 300 L/min à la canule, une gestuelle rigoureuse à quatre mains et un circuit entretenu chaque jour. Lors de la prochaine maintenance, demandez à votre distributeur de mesurer le débit de chaque fauteuil.

Les équipes de Dürr Dental France ou votre distributeur agréé peuvent faire le point sur votre installation actuelle. Contactez-les sans plus attendre.

Tél. : 01.55.69.11.50
E-mail : infodurrfr@duerrdental.com
Site internet : https://www.duerrdental.com/fr
Secteur Nord-Ouest / Sud-Ouest : Nicolas RAMEAUX 06.35.83.99.94
Secteur Nord / Île-de-France : Mehdi JAUDALLY 06.35.83.99.97
Secteur Nord-Est / DOM-TOM : Jozef GRZYBICKI 06.29.76.10.29
Secteur Rhône-Alpes / PACA : Matthieu ROPERS 06.03.82.60.85
Dispositifs médicaux de classe IIa CE0297. Lire attentivement les instructions figurant sur les notices. Produits non remboursés par les organismes de santé.
Sources : Business Insider (A. Kiersz), d’après la base O*NET, 2015 ; Davies et al., British Dental Journal, 1971 ; Vernon et al., Journal of Dental Research, 2021 ; Akin et al., International Dental Journal, 2021 ; Holliday et al., Journal of Dentistry, 2021 ; Koch et Graetz, PLoS ONE, 2021 ; norme ISO 10637 ; CDC, Guidance for Dental Settings, 2020 ; M. Koch, « Aerosol Prevention in the Dental Setting », Dürr Dental.
Publi-communiqué en partenariat avec Dürr Dental


