Un homme se présentant comme chirurgien-dentiste diplômé à l’étranger, mais n’ayant jamais achevé sa formation, est mis en examen à Paris pour des faits de violence ayant entraîné des mutilations permanentes chez plusieurs patients. Radié de l’Ordre en 2023, il aurait poursuivi son activité pendant près d’un an, en France puis au Luxembourg.
Un faux diplôme pour exercer dans des cabinets parisiens
Selon les éléments d’enquête relayés par plusieurs médias, l’homme n’aurait jamais achevé sa formation de chirurgien-dentiste. Il se présentait comme diplômé à l’étranger et a produit un faux diplôme pour être recruté dans des cabinets et centres dentaires, notamment dans des arrondissements huppés de la capitale, un centre du 16e arrondissement est cité parmi les lieux d’exercice. Les investigations ont été menées par la brigade de répression de la délinquance.
Plusieurs patientes décrivent un mode opératoire similaire : facturation d’actes coûteux pour des interventions expéditives, dans certains cas jusqu’à 10 000 euros pour une consultation de quelques minutes, sans réelle justification thérapeutique.
Une radiation qui n’a pas mis fin à l’exercice
L’homme a été radié de l’Ordre des chirurgiens-dentistes en mars 2023, à la suite de plaintes déposées par le Conseil de l’Ordre et par plusieurs patientes. Cette sanction, en principe reconnue dans l’ensemble de l’Union européenne, n’aurait pourtant pas empêché la poursuite de son activité : selon les éléments rapportés, il aurait continué à exercer en France pendant près d’un an après sa radiation.
L’enquête s’est ensuite étendue au-delà des frontières françaises. Le parquet luxembourgeois a confirmé qu’un homme correspondant à cette identité avait exercé dans plusieurs cabinets situés dans différentes villes du Grand-Duché, où son autorisation d’exercer n’a été retirée qu’en janvier 2025. Une enquête y est actuellement en cours pour des faits d’escroquerie et de blanchiment.
Des mutilations permanentes pour au moins cinq victimes
Sur le plan pénal, l’homme est mis en examen pour violence avec arme suivie de mutilation permanente au préjudice d’au moins cinq personnes, pour des faits situés entre 2021 et 2023. L’enquête a depuis été élargie à des infractions d’escroquerie, passibles de cinq ans de prison supplémentaires. Au total, il encourt une peine de 15 ans d’emprisonnement.
Le mis en cause conteste formellement l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Il remet en cause, selon ses déclarations rapportées par la presse, la présentation de l’affaire ainsi que la portée donnée à certains témoignages, qu’il qualifie de récits personnels dont la véracité et la fiabilité seraient largement contestées, y compris dans le cadre de la procédure en cours.










