Le 20 novembre 2023, la chirurgienne-dentiste Linda Hassaini était retrouvée morte dans son cabinet d’Oignies, dans le Pas-de-Calais. Trois mois plus tard, son assistante était mise en examen pour assassinat. Une affaire aux zones d’ombre persistantes, qui interroge sur ce qui s’est réellement joué derrière la porte d’un cabinet dentaire de ville.
Un incendie qui masque un homicide
Le 20 novembre, en fin de matinée, des voisins signalent un départ de feu dans un cabinet dentaire de la rue Ernest-Renan, à Oignies. Les pompiers interviennent rapidement. À l’intérieur, ils découvrent le corps sans vie de la chirurgienne-dentiste Linda Hassaini, 49 ans.
Le feu aurait pu laisser croire à un accident dramatique. Mais les constatations médico-légales orientent rapidement l’enquête vers une autre piste. Selon les informations révélées par la presse régionale, la victime présente une trachée écrasée, compatible avec une asphyxie mécanique. En d’autres termes, elle était déjà morte lorsque l’incendie s’est déclaré.
Le feu n’aurait donc pas été la cause du décès, mais possiblement une tentative de dissimulation.
L’enquête est confiée à la police judiciaire. Les investigations se concentrent d’abord sur l’environnement professionnel de la victime.
Une matinée décisive
Les enquêteurs s’attachent à reconstituer le déroulé précis des faits.
Un élément attire leur attention : le départ de l’assistante du cabinet, Maeva V., 38 ans, vers 10 heures le matin du drame. Selon les informations rendues publiques, les premières flammes sont aperçues environ quarante-cinq minutes plus tard.
Ce décalage temporel constitue l’un des points centraux de l’enquête. Était-elle la dernière personne à avoir vu la praticienne vivante ? Que s’est-il passé durant cet intervalle ?
Les auditions se multiplient. Les proches, les patients, les voisins sont entendus. Les investigations financières sont également lancées.
Une relation professionnelle décrite comme fusionnelle
Ce qui frappe les observateurs, c’est le contraste entre la gravité des faits et l’image renvoyée par les deux femmes.
Maeva V. travaillait depuis plusieurs années au cabinet. Les témoignages évoquent une relation étroite, presque amicale. Déjeuners réguliers dans un restaurant italien voisin, échanges fréquents, climat de confiance. Selon plusieurs sources locales, l’assistante gardait même ponctuellement les enfants de la praticienne.
« Insoupçonnable », répètent certains habitants.
Ce profil rend l’affaire d’autant plus troublante. Les enquêteurs explorent alors une piste financière.
Une dimension économique en filigrane
Le 10 février 2024, un tournant intervient : Maeva V. est interpellée puis mise en examen pour « assassinat » et « escroquerie », selon des informations révélées par La Voix du Nord.
L’infraction d’escroquerie laisse supposer que des anomalies financières auraient été relevées. Détournement de fonds ? Appropriation de matériel médical ? Conflit lié à la gestion du cabinet ? Aucune précision officielle n’a été communiquée à ce stade.
Un proche cité dans la presse avance l’hypothèse d’un différend découvert par la praticienne, qui aurait pu conduire à une confrontation. Mais ces éléments relèvent pour l’heure de suppositions.
Le compagnon de l’assistante est lui aussi mis en examen pour « complicité d’assassinat » et placé en détention provisoire. Des menaces qu’il aurait proférées à l’encontre d’un journaliste ont également été rapportées.
Les signaux avant-coureurs
Un témoignage de patiente, diffusé sur les réseaux sociaux, évoque un changement d’attitude de la praticienne un mois avant les faits : moins enjouée, préoccupée. L’ambiance au cabinet semblait, selon elle, inhabituelle.
S’agit-il d’un simple ressenti ou d’un indice rétrospectif ? Dans toute enquête criminelle, les signaux faibles prennent une dimension nouvelle une fois les faits révélés. Mais à ce stade, aucun lien formel n’a été établi publiquement entre ces impressions et l’homicide.









