La pénurie de chirurgiens-dentistes en zone rurale est une préoccupation majeure pour la profession. Un récent cas survenu dans le Pas-de-Calais met en lumière les tensions parfois inattendues qui peuvent émerger autour de l’installation d’un cabinet dentaire.
Quand un village refuse son dentiste : le cas révélateur de Perne-en-Artois
Dans la commune de Perne-en-Artois, petite localité de 1600 habitants située dans le Pas-de-Calais, un événement paradoxal a récemment défrayé la chronique. Alors que ce territoire, considéré comme un désert médical, manque cruellement de professionnels de santé, l’arrivée tant espérée d’un chirurgien-dentiste a été compromise par une initiative locale inattendue.
Le praticien, sur le point d’ouvrir son cabinet dans un lotissement en périphérie du village, a finalement renoncé à son projet face à la mobilisation de quelques riverains. Ces derniers ont lancé une pétition contestant non pas la venue d’un dentiste en soi, mais l’emplacement choisi pour son installation.
Des préoccupations de voisinage face à un besoin de santé publique
Les arguments avancés par les opposants au projet concernaient principalement la tranquillité du quartier. « Ce n’est pas le lieu adapté. Il y aurait trop de passages et trop de voitures pour une petite rue comme la nôtre », a justifié une habitante auprès de plusieurs médias. Cette crainte d’une augmentation du trafic routier et des nuisances associées a suffi à dissuader le jeune praticien.
Cette situation a provoqué une vive incompréhension chez la majorité des habitants de Perne-en-Artois. « On se plaint partout des déserts médicaux, et là, on a la chance d’avoir un dentiste qui veut venir et on fait des pétitions. C’est un peu ridicule », s’est indigné un résident. « Je ne vois pas ce que ça gêne, une voiture garée trente minutes », a ajouté un autre Pernois, soulignant le caractère temporaire des potentielles nuisances.
Selon une étude de la DREES, près de 11% de la population française vit dans un désert médical en matière de soins dentaires. Cette situation conduit de nombreux patients à parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour consulter un praticien, ou pire, à renoncer aux soins.
Une mobilisation qui se poursuit malgré les obstacles
À Perne-en-Artois, la maire Geneviève Janssoone Czajka, bien que déçue par cette situation, assure ne pas baisser les bras. « Nous restons motivés pour trouver un nouveau candidat », a-t-elle déclaré, consciente de la nécessité d’offrir à ses administrés un accès aux soins dentaires de proximité.
Cette détermination fait écho aux initiatives prises par de nombreuses municipalités rurales pour attirer des professionnels de santé, notamment par le biais d’aides à l’installation ou de mise à disposition de locaux.









