Entre 9 000 et 15 000 euros nets mensuels pour un chirurgien-dentiste libéral installé, contre environ 3 550 euros pour un contractuel hospitalier débutant : les niveaux de revenus dans la profession varient fortement. Les données issues de la CARCDSF permettent de mesurer l’ampleur de ces écarts.

Un revenu moyen de plus de 10 000 € par mois
Les statistiques de la CARCDSF, fondées sur les déclarations de 39 108 praticiens, établissent le revenu annuel moyen avant impôt à 122 279 €, soit 10 190 € par mois.
Le revenu médian s’élève à 97 672 € par an (8 140 € mensuels).
L’écart de 24 607 € entre moyenne et médiane illustre la concentration des revenus les plus élevés.
Ainsi :
16,88 % dépassent 185 473 €, avec une moyenne de 298 368 €
4,54 % des praticiens déclarent plus de 324 577 € par an
Une large part de praticiens sous les 100 000 €
À l’inverse, 46,93 % des chirurgiens-dentistes déclarent moins de 92 736 € annuels, pour un revenu moyen de 52 771 € (4 398 € mensuels).
Ce groupe est composé majoritairement :
- de jeunes praticiens
- et de femmes
Les écarts liés à l’âge sont marqués :
55-59 ans : 153 975 €
moins de 35 ans : 82 046 €
Un écart de revenus de 30 % entre hommes et femmes
Les femmes représentent désormais 50,3 % de la profession, mais perçoivent en moyenne :
- 99 779 € par an, contre
- 142 473 € pour les hommes
Soit un écart d’environ 30 %.
Des charges importantes pour les cabinets libéraux
Les revenus évoqués correspondent à des montants avant impôt sur le revenu, mais après déduction des charges professionnelles.
Pour un cabinet générant entre 250 000 et 300 000 € de chiffre d’affaires, les charges représentent 50 à 65 % des recettes.
Elles comprennent :
- le loyer
- le matériel
- les consommables
- le personnel
- les assurances
- les cotisations sociales
Ces dernières atteignent en moyenne 42 407 € en 2025, en hausse de 13 % sur un an.
À l’hôpital : des revenus plus encadrés
Les chirurgiens-dentistes hospitaliers relèvent du statut de praticien hospitalier.
La grille indiciaire comprend 13 échelons :
- 4 633,98 € bruts mensuels en début de carrière
- jusqu’à 9 368,05 € bruts
Le revenu net moyen est de 6 082 € par mois.
Les contractuels débutent à 4 580 € bruts, soit environ 3 550 € nets, avec un plafond pouvant atteindre 9 927 € bruts dans certaines zones.
Libéral, salarié, centre dentaire : des écarts de revenus majeurs
En 2025 :
- 82,3 % des dentistes exercent en libéral
- 17,7 % sont salariés
Les niveaux de revenus varient fortement :
- Libéral < 35 ans : ~6 800 €/mois
- Libéral 35-54 ans : ~11 450 €/mois
- Libéral 55-59 ans : ~12 830 €/mois
- Salarié débutant : ~3 500 € nets
- Salarié fin de carrière : ~5 800 € nets
- Hospitalier : ~6 082 € nets
Les centres dentaires, en forte croissance (15,8 % des soins en 2024), reposent sur une rémunération de 28 à 32 % du chiffre d’affaires.
Des écarts territoriaux pouvant dépasser 100 %
Les disparités géographiques sont également importantes.
En 2023 :
- Eure-et-Loir : 181 513 € annuels
- Hautes-Alpes : 86 865 €
Hors métropole :
- 129 764 € à Mayotte
- 30 848 € en Polynésie française
Des dispositifs incitatifs existent pour encourager l’installation :
- 50 000 € via le CAICD
- 4 000 € par an via le CAMCD
Des revenus plus élevés dans certaines spécialités
Les revenus varient également selon l’activité :
Implantologie : entre 12 000 et 30 000 € nets mensuels
Orthodontie : environ 120 000 € annuels
Une profession en transformation
Depuis la réforme du 100 % Santé en 2020 :
- plus de 6 millions de patients ont bénéficié de soins sans reste à charge
- les actes prothétiques représentent 16,3 % des volumes en 2024
Cette évolution s’accompagne de tarifs plafonnés, qui influencent la rentabilité des cabinets.
Une démographie sous tension
Le nombre de praticiens est passé de :
- 41 945 en 2014
- à 49 156 en 2025
Mais 30 % des dentistes partiront à la retraite d’ici 2030, dans un contexte de sous-dotation persistante dans certains territoires.
Les données de la CARCDSF montrent que les chirurgiens-dentistes figurent parmi les professions les mieux rémunérées en France.
Mais elles mettent surtout en évidence une réalité très contrastée, marquée par des écarts importants selon les profils, les statuts et les territoires.









