Une revue systématique récente remet en question le lien entre bruxisme du sommeil et mauvaise qualité de sommeil chez les enfants et adolescents. Si les mesures objectives ne confirment pas cette association, les perceptions parentales, elles, semblent indiquer une corrélation.
Une méta-analyse pour clarifier les liens entre bruxisme et sommeil
En 2025, une équipe de chercheurs dirigée par Guilherme Azario de Holanda a publié dans Sleep Medicine une revue systématique et méta-analyse sur le lien entre bruxisme (du sommeil et de veille) et la qualité du sommeil chez les jeunes patients.
L’analyse a inclus 14 études observationnelles impliquant des enfants et des adolescents, sélectionnées à partir de plusieurs bases de données (PubMed, Embase, Scopus, Cochrane, Web of Science, Google Scholar) jusqu’en juin 2025.
Les critères d’éligibilité étaient centrés sur l’évaluation du bruxisme et des paramètres du sommeil, qu’ils soient objectifs (ex. : polysomnographie) ou subjectifs (ex. : questionnaires, observations parentales).
Résultats principaux
Aucune différence objectivée sur le sommeil
L’analyse des paramètres objectifs du sommeil, issus de la polysomnographie, n’a révélé aucune différence significative entre les enfants présentant un bruxisme du sommeil et les sujets témoins.
Cela concerne à la fois la qualité du sommeil mesurée et la durée totale du sommeil.
Une association issue des données subjectives
En revanche, les résultats ont mis en évidence une association statistiquement significative entre une mauvaise qualité du sommeil perçue par les parents et la présence de bruxisme du sommeil chez l’enfant.
- Odds ratio (OR) : 1,92
- Intervalle de confiance à 95 % : 1,48–2,48
- Hétérogénéité : I² = 32 %
Les auteurs précisent toutefois que le niveau de certitude de cette preuve est faible, en raison notamment de la nature observationnelle des études incluses.
Données très limitées sur le bruxisme de veille
Une seule étude a été retrouvée concernant le bruxisme de veille, chez des adolescents. Elle rapporte une association entre cette forme de bruxisme et une mauvaise qualité de sommeil auto‑rapportée, mais les auteurs soulignent que la certitude des preuves est très faible.
Limites et qualité des données
L’évaluation du risque de biais a été réalisée selon les outils JBI et Newcastle–Ottawa, et la qualité globale des preuves a été jugée à l’aide de la grille GRADE.
Les auteurs concluent que les preuves disponibles, bien que suggérant une association perceptible dans les données subjectives, ne permettent pas d’établir un lien clair et robuste entre bruxisme et qualité/durée du sommeil chez l’enfant et l’adolescent.
La revue systématique d’Azario de Holanda et al. met en évidence un décalage entre les mesures objectives du sommeil et la perception parentale en ce qui concerne le bruxisme du sommeil.
Les données actuellement disponibles ne permettent pas de confirmer une association forte entre bruxisme et altération mesurable du sommeil. Des recherches supplémentaires sont nécessaires, notamment concernant le bruxisme de veille.
👉 Pour consulter l’étude complète : PubMed – DOI 10.1016/j.sleep.2025.106681









