Installés depuis trois mois dans une commune confrontée à la désertification médicale, quatre jeunes dentistes font face à un climat d’hostilité quotidien. Entre agressions verbales, racisme et menaces, ils pourraient quitter leur cabinet, pourtant essentiel à l’offre de soins locale.
Une situation tendue dès l’ouverture
Depuis le 6 octobre 2025, ces praticiens ont repris un cabinet fermé de longue date. En quelques semaines, ils ont dû faire face à un afflux massif de patients, avec 32 000 dossiers dentaires à reprendre, incluant anciens patients, nouveaux venus et urgences.
Pour rationaliser la prise de rendez-vous, l’équipe choisit d’utiliser Doctolib, afin de se concentrer sur les soins plutôt que sur la gestion administrative. Cette décision, bien qu’efficace, a suscité une frustration chez certains patients, qui estimaient devoir bénéficier d’une priorité liée à leur ancienneté au cabinet.
Agressions, racisme et menaces : le quotidien au cabinet
Ce mécontentement a rapidement dégénéré en insultes, comportements agressifs et propos discriminatoires. Un assistant dentaire rapporte que certains patients exigent de « voir un dentiste au nom français » ou refusent d’être soignés selon le nom affiché. Des remarques racistes ouvertes, voire des menaces, sont devenues monnaie courante.
Une praticienne décrit un climat pesant : « Un patient sur deux est désagréable. En décembre et janvier, c’était le pire. L’équipe est à bout, les assistants craquent, moi aussi. »
Les professionnels ont même été contraints de fermer ponctuellement le cabinet, après un épisode particulièrement violent visant un praticien, pris à partie par un couple et suivi par un groupe.
Une situation critique dans un contexte de désertification médicale
L’installation de ces quatre praticiens avait été facilitée par la Communauté de communes du Pays sabolien, propriétaire des locaux. L’objectif : lutter contre la pénurie de soins dentaires dans la région. Mais aujourd’hui, le risque de départ des praticiens est bien réel, malgré le soutien affiché des élus.
Olivier Gaborit, directeur de cabinet du président de la Communauté de communes, reconnaît que certains habitants adressent des plaintes directement aux élus, mais il insiste : « Les dentistes ne sont pas nos salariés, seulement nos locataires. Nous les soutenons pleinement. »
Source :
Actu.fr – « Insultes quotidiennes, agressivité… Ces dentistes pourraient quitter cette commune de la Sarthe », publié le 13 janvier 2026.









