Alors qu’un amendement du PLFSS 2025 prévoit d’étendre l’Aide Supplémentaire de Maternité (ASM) à de nouvelles professions de santé, le Syndicat des femmes chirurgiens-dentistes (SFCD) s’y oppose fermement. L’organisation dénonce un dispositif injuste, inefficace et dangereux pour les droits des femmes.
Un amendement du PLFSS qui ravive un débat ancien
L’amendement n°100, introduit après l’article 42 du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), propose d’étendre l’ASM, un dispositif créé pour les médecins, à la quasi-totalité des professions de santé, dont les chirurgiens-dentistes.
Présentée comme un mécanisme de soutien à la maternité, cette aide supplémentaire suscite pourtant une opposition forte et constante de nombreuses organisations professionnelles.
En 2016 déjà, 23 organisations avaient signé une tribune commune pour dénoncer l’ASM appliquée aux médecins. Le SFCD rappelle aujourd’hui que cette position n’a jamais changé.
Un dispositif jugé néfaste pour l’égalité femmes-hommes
Selon un communiqué du SFCD, l’ASM ne constitue pas un progrès, mais un véritable chantage exercé sur les femmes exerçant une profession de santé. Le syndicat estime que ce dispositif :
- porte atteinte au principe d’égalité entre femmes et hommes dans l’exercice professionnel ;
- impose uniquement aux femmes des restrictions d’honoraires ainsi que des contraintes horaires ou géographiques pour bénéficier d’un avantage social.
Pour le SFCD, étendre l’ASM à la profession dentaire reviendrait à fragiliser durablement les droits des femmes chirurgiens-dentistes, en les incitant à accepter des limitations dans leur exercice en échange d’une aide financière.
Une efficacité jamais démontrée
Le SFCD souligne également que l’ASM n’a fait l’objet d’aucune évaluation, près de dix ans après les premières contestations.
Aucune preuve n’a été apportée de son efficacité pour améliorer les conditions de maternité, ni pour renforcer l’attractivité des professions concernées.
Pour le syndicat, étendre un dispositif non évalué, non demandé par les principales professionnelles concernées et potentiellement discriminant constitue une erreur majeure.
Le SFCD demande le retrait immédiat de l’amendement
Le syndicat appelle clairement au retrait total de l’amendement n°100.
Il affirme « réaffirmer son opposition ferme et définitive » à un dispositif qui, selon lui, ne répond :
- ni aux attentes des femmes chirurgiens-dentistes,
- ni aux réalités de leur exercice,
- ni aux enjeux liés à la maternité dans la profession.
Vers une meilleure reconnaissance des droits liés à la maternité
Le SFCD insiste sur sa volonté d’obtenir de nouveaux droits pour les femmes chirurgiens-dentistes.
L’organisation affirme « redoubler d’engagement » pour une meilleure reconnaissance de la maternité, sans que celle-ci ne soit conditionnée par des contraintes professionnelles discriminantes.










