La DREES a publié le 2 juillet 2026 ses données de démographie médicale au 1er janvier 2026. Pour les chirurgiens-dentistes, la tendance est nette : les effectifs progressent, la profession rajeunit et se féminise et le mode d’exercice bascule massivement vers le cabinet de groupe. Les disparités territoriales, elles, restent marquées.
Une croissance des effectifs qui s’accélère depuis 2022
Selon le répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS), la France comptait 40 488 chirurgiens-dentistes en activité au 1er janvier 2012. Ils sont 48 690 au 1er janvier 2026, soit une hausse de 20,3 % en quatorze ans. Cette progression n’a pas été linéaire : elle est restée modérée jusqu’en 2021 (+0,7 % par an en moyenne), avant de s’accélérer nettement à partir de 2022, pour atteindre +2,5 % par an. La DREES attribue cette accélération au relèvement du nombre de places en formation initiale décidé au milieu des années 2000, dont les effets se font sentir avec un décalage d’une quinzaine d’années, ainsi qu’à l’arrivée croissante de praticiens diplômés à l’étranger.
Rajeunissement et féminisation : un tournant générationnel
L’âge moyen des chirurgiens-dentistes a reculé de plus de quatre ans en quatorze ans, passant de 48,4 ans début 2012 à 43,9 ans début 2026. Ce rajeunissement s’accompagne d’une féminisation continue de la profession : les femmes représentent désormais 51 % des praticiens en activité, contre 39 % en 2012. La DREES l’explique par le renouvellement générationnel : les cohortes parties à la retraite depuis 2012, majoritairement masculines, ont été remplacées par des promotions d’abord équilibrées, puis majoritairement féminines.
Le cabinet de groupe s’impose comme mode d’exercice dominant
Le mode d’exercice a également changé de visage. En 2012, 44 % des chirurgiens-dentistes exerçaient en cabinet individuel et 46 % en cabinet de groupe ou société. Au 1er janvier 2026, le rapport s’est inversé : 60 % exercent en cabinet de groupe, contre seulement 21 % en cabinet individuel. Cette bascule touche aussi les praticiens exclusivement libéraux : 74 % d’entre eux exercent désormais en cabinet de groupe, contre 51 % en 2012.
Le salariat progresse également, en particulier en centre de santé : leurs effectifs de chirurgiens-dentistes salariés ont presque triplé, passant de 2 800 à 7 600 entre 2012 et 2026. Sur l’ensemble de la profession, l’exercice exclusivement salarié concerne aujourd’hui 17 % des praticiens, et l’exercice mixte (libéral et salarié) 8 %. Cette évolution est plus marquée chez les jeunes : chez les moins de 35 ans, 26 % exercent en exercice exclusivement salarié et 9 % en exercice mixte, contre respectivement 13 % et 5 % en 2012.
Des disparités territoriales qui restent fortes
Derrière ces moyennes nationales, les données par région confirment une fracture territoriale déjà connue. La densité moyenne de chirurgiens-dentistes s’établit à 70,5 praticiens pour 100 000 habitants au niveau national en 2026, contre 62,1 en 2012. Mais les écarts entre régions restent importants : Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche la densité la plus élevée de métropole (98,2 pour 100 000 habitants), suivie de l’Île-de-France (84,6) et de l’Occitanie (81,9). À l’opposé, le Centre-Val de Loire (50,0) et la Normandie (50,0) affichent une densité inférieure de moitié à celle de la région la mieux dotée. Dans les départements et régions d’outre-mer, l’écart est encore plus marqué : la Guyane (26,5) et surtout Mayotte (7,1) restent très en retrait par rapport à la moyenne nationale.
Les chiffres publiés par la DREES dessinent une profession en profonde recomposition : plus nombreuse, plus jeune, plus féminine et de plus en plus organisée en structures collectives plutôt qu’en cabinets individuels.
Sources : DREES, Démographie des professionnels de santé au 1er janvier 2026 ; DREES, Les effectifs de kinésithérapeutes, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, sages-femmes et pédicures-podologues continuent de progresser ; jeu de données RPPS, La démographie des professionnels de santé depuis 2012, 2 juillet 2026.









