Les chiffres sont alarmants : chaque année, près de 20 000 signalements de violences à l’encontre des professionnels de santé sont enregistrés, selon l’Observatoire National des Violences en milieu de Santé (ONVS). Cela équivaut à environ 30 000 atteintes aux personnes et 5 000 atteintes aux biens. Face à cette situation préoccupante, le Ministère de la Santé et de la Prévention a dévoilé un plan d’action pour garantir la sécurité des professionnels de santé.
Un phénomène en hausse
Les données de l’ONVS ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Les Ordres et les Fédérations, qui recueillent régulièrement des témoignages, confirment une augmentation inquiétante des violences envers les soignants. Ces agressions ont des conséquences majeures, tant sur le plan psychologique que physique, pour les victimes.
Un plan en trois axes
Présenté par Agnès FIRMIN LE BODO, ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, le plan d’action s’articule autour de trois axes majeurs :
- Sensibiliser et former : Il s’agit d’éduquer le public sur le respect dû aux professionnels de santé et de former ces derniers à gérer et prévenir les situations conflictuelles.
- Prévenir et sécuriser : Des mesures seront mises en place pour anticiper les agressions et garantir un environnement de travail sûr pour les soignants.
- Déclarer et accompagner : Encourager les professionnels à signaler systématiquement les violences et assurer un suivi adapté pour les victimes.
Des mesures concrètes
Parmi les 42 mesures du plan, certaines sont déjà effectives :
- Sensibilisation du grand public : Une campagne nationale sera lancée pour rappeler le respect dû aux soignants et l’importance de signaler les violences.
- Formation des personnels : Les établissements de santé, qu’ils soient publics ou privés, bénéficieront d’une formation spécifique pour leurs personnels administratifs et soignants.
- Dispositifs d’alerte pour les professionnels libéraux : Les soignants exerçant seuls ou à domicile pourront être équipés de dispositifs d’alerte discrets pour signaler toute situation de danger.
- Création d’un délit d’outrage spécifique : Au-delà des violences physiques, les insultes ou propos dégradants envers les soignants seront sévèrement sanctionnés.
- Renforcement du pilotage local : Les préfets, procureurs et directeurs généraux des ARS collaboreront étroitement pour assurer une remontée d’information efficace sur la sécurité des soignants.
- Soutien judiciaire : Les directeurs d’établissement pourront déposer plainte en cas de violences ou menaces envers un agent, avec l’accord de ce dernier, facilitant ainsi les démarches.
Un engagement du gouvernement qui se veut fort
Aurélien ROUSSEAU, du ministère de la Santé et de la Prévention, a souligné l’importance de ce chantier : « Il n’est pas acceptable que celles et ceux qui nous soignent soient menacés dans l’exercice de leurs missions. » Agnès FIRMIN LE BODO a également rappelé que la tolérance zéro était de mise et que les usagers du système de santé avaient également un rôle à jouer dans cette démarche.
Ce plan, fruit de plusieurs mois de travail avec divers acteurs du secteur de la santé, se veut une réponse forte et adaptée à un phénomène de société préoccupant. Il s’inscrit dans une démarche globale du gouvernement pour protéger l’ensemble des agents publics et garantir un exercice serein des métiers de la santé.
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