Soins dentaires : le SFCD alerte sur un transfert de la prise en charge vers les complémentaires

Dans un communiqué du 25 septembre 2026, le Syndicat des femmes chirurgiens-dentistes (SFCD) estime que le transfert du financement des soins dentaires vers les complémentaires santé est désormais « posé sur la table ». Il s’appuie sur trois éléments récents : le décret du 21 août sur le ticket modérateur, une mission sur le tiers payant des examens bucco-dentaires et deux rapports remis au gouvernement fin septembre.
Trois éléments qui, selon le SFCD, forment un ensemble
Pour le syndicat, « les pièces du puzzle sont là ». Il en identifie trois.
Le premier est le décret du 21 août 2026. En réduisant la part de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) sur les soins dentaires à partir du 1er janvier 2027, le gouvernement a affiché sa volonté de « renforcer la contribution des organismes complémentaires ». Le texte fixe le ticket modérateur entre 50 % et 60 % de la base de remboursement, contre 40 % aujourd’hui.
Le deuxième est une mission tripartite sur le tiers payant des examens bucco-dentaires (EBD), lancée par la Cnam, l’Unocam et les syndicats de chirurgiens-dentistes. D’après le communiqué, l’IGAS sera chargée d’établir une vision partagée et d’améliorer le dispositif.
Le troisième est la publication de deux rapports sur l’articulation entre AMO et complémentaires, qui chiffrent pour la première fois un transfert intégral du dentaire.
Le SFCD en tire une conclusion nette : sans le décret d’août, ni ce scénario ni son chiffrage n’auraient été possibles.
Ce que disent les deux rapports
Le premier rapport, « Refonder l’articulation entre assurance maladie obligatoire et complémentaires santé au service de la transformation du système de santé », a été rédigé par Élisabeth Hubert, Nicolas Bouzou, Stéphane Junique et Franck Von Lennep. Il a été remis le 23 septembre aux ministres de l’Économie, de la Santé et des Comptes publics, et formule 22 recommandations.
Le second, publié le 24 septembre par l’IGAS et l’IGF, a nourri le premier. Il ne formule pas de recommandations : il mesure l’effet de plusieurs options sur les dépenses publiques, les restes à charge et les cotisations des complémentaires.
Parmi ces options figure le « décroisement », c’est-à-dire la fin du copaiement entre AMO et complémentaires sur certains postes, confiés à un seul financeur. Deux variantes concernent directement le dentaire :
- Version maximaliste : l’ensemble des soins dentaires (conservateurs et prothétiques), plus l’optique et l’audioprothèse, serait transféré aux complémentaires, soit 4,8 milliards d’euros.
- Version minimaliste : seules les prothèses dentaires seraient transférées, soit 1,6 milliard d’euros.
Selon la synthèse, les deux variantes alourdiraient davantage les restes à charge des ménages âgés que ceux des plus jeunes. Pour les foyers dont le membre le plus âgé a plus de 70 ans, la hausse irait de 60 à 100 euros par an. Pour ceux dont le membre le plus âgé a moins de 40 ans, elle irait de 15 à 50 euros.
Les inspections apportent plusieurs nuances. Ces hausses pourraient être compensées par une baisse de la taxe de solidarité additionnelle (TSA) sur les contrats, qu’elles n’ont pas chiffrée. Certains scénarios, selon leur ambition, pourraient poser des questions de constitutionnalité. Enfin, la Complémentaire santé solidaire est conservée dans tous les scénarios.
La position du SFCD
Pour le syndicat, l’enjeu dépasse la question du financement. Il cite la solidarité nationale, l’accès aux soins et la place du chirurgien-dentiste dans le système de santé. Le SFCD annonce qu’il en mesurera les conséquences et défendra une prise en charge des soins dentaires à la hauteur des enjeux de santé publique.
Le gouvernement indique qu’il poursuivra les concertations dans les prochains mois. Il veut distinguer les mesures applicables rapidement de celles qui relèvent d’une réforme plus structurelle de la protection sociale. Le calendrier et le périmètre d’une éventuelle réforme ne sont pas connus à ce stade.
Le rapport IGAS-IGF et sa synthèse sont consultables sur le site de l’IGAS.

