Plus de 42 000 demandes ont été enregistrées via le site Stop-travail.com, fermé en avril 2025. L’affaire sera jugée en novembre prochain à Mont-de-Marsan.
Un site internet au cœur de la fraude
L’affaire remonte à l’été 2024. Les gendarmes de l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) identifient un site internet baptisé Stop-travail.com, qui propose aux internautes d’obtenir un arrêt maladie en quelques minutes, pour un tarif de 9 euros.
Le système est simple : l’utilisateur renseigne ses données personnelles, choisit des symptômes dans une liste préétablie, puis sélectionne un médecin « partenaire » correspondant à sa zone géographique. Les documents générés portaient, dans de nombreux cas, des signatures médicales contrefaites.
Le site prétendait compter « un million d’utilisateurs, 200 médecins répertoriés » et affichait un taux de satisfaction de « 100 % », selon des éléments rapportés par le journal Sud Ouest. En réalité, l’enquête a révélé que plus de 42 000 demandes ont été effectuées entre avril 2024 et avril 2025. Parmi elles, au moins 26 000 arrêts de travail frauduleux ont été délivrés.
Un préjudice évalué à 250 000 euros
Le site, accessible à tous sans vérification médicale réelle, proposait aux utilisateurs de choisir librement leur pathologie, d’un simple rhume à une pneumonie. Chaque arrêt de travail était vendu pour environ 9 euros.
Au total, les enquêteurs estiment le préjudice financier à 250 000 euros, somme que le suspect aurait perçue entre avril 2024 et avril 2025.
Le 16 avril 2025, le site Stop-travail.com est désactivé. L’enquête, menée sous l’autorité du parquet de Créteil, a rapidement permis d’identifier le créateur du site : un jeune homme de 22 ans, domicilié dans les Landes.
Une comparution prévue en novembre 2025
Le suspect a été placé en garde à vue une première fois en janvier 2025, puis à nouveau le 12 juin 2025. Il est déjà connu des services de police pour des faits d’escroquerie et des délits routiers.
Les forces de l’ordre ont saisi 175 000 euros sur ses comptes bancaires, ainsi qu’un véhicule d’une valeur estimée à 23 000 euros.
Le parquet de Mont-de-Marsan l’a mis en examen pour plusieurs infractions :
- Mise à disposition d’un service facilitant une fraude sociale
- Faux dans un document administratif commis de manière habituelle
- Exercice illégal de la profession de médecin
- Blanchiment aggravé
Il encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende.
Son procès est prévu en novembre 2025 devant le tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan. En attendant, il a été placé sous contrôle judiciaire.










